LE NÉANT DES CHOSES PASSEES
Oh ! que d'univers engloutis Dont nous ignorons les naufrages, Tous sombres, tous anéantis Dans l'abîme effrayant des âges!
Quelle est donc la réalité?
Est-ce la Mort? Est-ce la Vie?
La Vie et l'immense clarté, Ou la Mort, la nuit infinie?
L'Être, serait-ce le Néant Qui dans mon vide se reflète, Et qui de pourpre, en se créant, Attife un moment son squelette?
Dans le tourbillon éternel Où roulent sans fin les atomes, Qu'entrevoyons-nous de réel, Fantômes parmi des fantômes ?
J'apparais une heure et je fuis, Rentrant dans l'ombre d*où j'arrive.
Vague étincelle entre deux nuits :
Qu'est l'existence fugitive?
D'innombrables êtres sont morts:
Et ce long défilé des ra Tous ces esprits et tous ces corps Nulle part n'ont laissé leurs traces.
Qu'est cet étroit monde vivant Auprès des foules entassées Des morts, sur qui je vais rêvant Au néant des choses pas-
— Tout mon être tremble ; j'ai peur Du noir abîme où je retombe !...
Oh! la nuit sans fond, et l'horreur.
Oh ! le puits béant île la tombe !