LA REINE DE SABA
La reine de Saba, bercée En son hamac d'or par un noir, Dans le harem dé ma pensée Habite et gouverne, ce soir.
Sur sa robe sacerdotale
Ses grands cheveux lourds sont épars
L'immense nuit orientale
Semble rouler dans ses regards.
Les diamants, les pierreries Des anciens trésors fabuleux, Parures de ses mains fleuries, Jettent moins d'éclairs que ses yeux.
56 l'illusion.
Silencieuse elle se lève, Elle découvre ses seins blancs, Et, comme plongée en un rêve, Vers mes désirs vient à pas lents.
Je commande : sa robe tombe; Mon âme a l'éblouissement De ceux qui sortent de la tombe A l'appel d'Allah, leur amant.
Sa chevelure est un long voile D'or et de moire; et dans les deux Alors s'écoule d'une étoile Un chant d'amour mystérieux :
Elle écoute, s'émeut et tremble Sous la caresse et la langueur De ce chant de flûte qui semble Un lointain soupir de mon cœur;
Et prenant ses voiles de soie, De leurs frissons s'envcloppant, Soudain elle dresse et déploie Son beau corps, ainsi qu'un serpent.