TERREUR DU BEAU
Calme à l'égal des fleurs ou d'un jeune animal, Tu répands tour à tour, en caprices savante. La joie ou la douleur, et le bien ou le mal, Et rien ne t'attendrit et rien ne t'épouvante.
Je rêvais un néant splendide : il est en toi ;
La candeur de tes yeux d'archange est un mens
Je t'adore pourtant, sans raisonner ma loi. Lorsque tu m'éblouis de ta beauté de songe.
Je t'adore pourtant et ne redoute rien, Te venant contempler, ainsi qu'une statue Dont le corps serait froid et beau comme le tien : Mon âme ne craint pas que ton amour la tue.