‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 112 sur 159 · SG6 PROLOGUE · texte numérisé non relu

SG6 PROLOGUE

Do feu de ton amour j'allume ses désirs.

Du zèle qui pour toi l'enflamme et le dévore, La chaleur se répand du couchant à l'aurore.

Tu le vois tous les jours devant toi prosterné, Humilier ce front de splendeur couronné ; Et, confondant l'orgueil par d'augustes exemples, Baiser avec respect le paver de tes temples De ta gloire animé, lui seul, de tant de rois, S'arme pour ta querelle, et combat pour tes droits. Le perfide intérêt, l'aveugle jalousie.

S'unissent contre toi pour l'affreuse hérésie. La discorde en fureur frémit de toutes parts. Tout semble abandonner tes sacrés étendards.

Et l'enfer, couvrant tout de ses vapeurs funèbres Sur les yeux les plus saints a jeté ses ténèbres. Lui seul, invariable, et fondé sur la foi.

Ne cherche, ne regarde, et n'écoute que toi j Et, bravant du démon l'impuissant aniâce.

De la religion soutient tout l'édifice.

Grand Dieu ! juge ta cause, et déploie aujourd'hui Ce bras, ce même bras, qui combattait pour lui. Lorsque des nations à sa perte animées Le Rhin vit tant de fois disperser les années. Des mêmes ennemis je reconnais l'orgueil.

Ils viennent se briser contre le même écueil. Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières, Du débris de leurs forts il couvre ses frontières. Tu lui donnes un fils prompt à le seconder, Ctui sait combattre, plaire, obéir, commander; Un fils qui, comme lui, suivi de la victoire, Semble à gagner son cœur borner toute sa gloire,

FROLOaUE. 96*^

Un fils à tous ses vœux avec amour soumis.

L'éternel désisespoir de tous ses ennemis :

Pareil à ces esprits que ta justice envoie,

Gtuand son Roi lui dit : pars, il s'élance avec joie.

Du tonnerre vengeur s'en va tout embraser.

Et tranquille à ses pieds revient le déposer.

Mais, tandis qu'un grand Roi venge ainsi mes injures

Vous qui goûtez ici des délices si pures,

S'il permet à son Cœur un moment de repos,

A vos jenx innocens appelez ce héros.

Retracez-lui d'Esther l'histoire glorieuse.

Et sur l'Impiété la Foi victorieuse. ^

Et vous, qui vous plaisez aux folles passions

Gtu'allument dans vos cœurs les vaines fictions

Profanes amateurs de spectacles frivoles.

Dont l'oreille s'ennuie au son de mes paroles.

Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité :

Tout respire ici Dieu, la paix, la vérité.

PERSONNAGES

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