‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 119 sur 159 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

( Toule cette scène est chantée.^

LE CHŒUR

UNE isRAÉuTE, setUe.

Pleurons et gémissons, mes fidèles compagne A nos sanglots donnons un libre cours :

TAAOfimB. ^l

Levons leftyenx vers les saintes montagnes D'où l'innocence attend tout son secours.

O mortelles alarmes !

Tout Israël périt ! Pleurez, mes tristes yeux ; Il ne toi jamais sous les cieux Un si jusfe sujet de larmes.

TOUT LE CHŒUR

O mortelles alarmes !

UNE IITTRE ISRAÉLITE.

N'était-ce pas assez qu'un vainqueur odieux De l'auguste Sion eût détruit tous les charmes, Et traîné ses enfans captifs en mille lieux î

TOUT LE CHŒUR

o mortelles alarmes t

Là MEME I8RilÉr.ITB.

Faibles agneaux, livrés à des loups furieux, Nos soupirs sont nos seules armes.

TOUT LE CHCBUR.

O mortelles alarmes !

UNE ISRAÉLrrE.

Arrachons, déchirons tous ces vains omemens Glui parent notre tête.

UNE AUTRE

Revétons-nous d'habillemens Conformes à l'horrible fête due l'impie Aman nous apprête.

TOUT LE CHOBUR.

Arrachons, déchirons, tous ces vains omemens Glui parent notre tête.

UNE ISRAÉLITE

duel caraage de toutes parts!

Ou égorge à la fois leti enfans, les Yieillards, Et la sœur et le frère, Et la fille et la mère, Le fils dans les bras de son père, due de corps entassés, qae de Biembres épan^ Privés de sépulture !

Grand Dieu ! tes saints sont la pâture Des tigres et des léopards !

UNE D£8 PLUS JEUNB8 UnUÊLrTES

Hélas 1 si jeune encore, Par quel crime ai>je pu mériter mofn malheur 1 Ma vie à peine a commencé d'éclore, Je tomberai comme une fleur Glui n'a vu qu'une aurore.

Hélas ! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur 1

UNE AUTRE

Des offenses d'autrui, malheureuses victimes, Gtue nous servent, hélas! ces regrets superflus 1 Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus, Et nous portons la peine de leurs crimfis,

TOUT LE CBCSOR.

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats Non, non, il ne souffrira pas Glu'on égorge ainsi l'innocence.

UNE. 18RAÉUTE, SCuU.

Eh quoi ! dirait l'impiété.

Où donc est-U, ce Dieu si redouté Dont Israél nous vantait la puissance 1

UNE AUTRE

Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux,

Frémifisez, peuples de la terre ; Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux, Est le seul qui commande aux cieux:

Ni les éclairsi ni le tonnerre N'obéissent point à yos dieux.

UNE AtTTÏtE.

Il renverse Taudacieux.

UNE AUTRE

n prend Thumble sons sa défense

TOUT LE CHŒUR

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats : . Non, non, il ne souffrira pas Glu'on égorge ainsi l'innocence.

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