‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 76 sur 159 · AGAMEMNON, ULYSSE · texte numérisé non relu

AGAMEMNON, ULYSSE

AOAMEMNON.

Juste^id ! c*est ainsi qu'assurant ta vengeance, Tu romps tous les ressorts de ma vaine prudence * Encor si je pouvais, libre dans mon malheur, Par des larmes, au moins, soulager ma douleur 1 Triste destin des rois ! Esclaves que nous sonones Et des rigueurs du sort, et des discours des hommes, Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins, Et les plus malheureux osent pleurer le moins.

ULYSSE

Je suis père. Seigneur, et faible comme un autre. Mon cœur se met. .sans peine, en la place du vôtre ; Et, frémissant du ;oup qui vous fait soupirer. Loin de blâmer vos pleurs, je suis prêt de pleurer. Mais votre amour n'a plus d'excuse légitime.

Les dieux ont à Calchas amené leur victime :

Il le sait, il l'attend ; er, s'il la voit tarder. Lui-même, à haute voix, viendra la demander.

Nous sommes seuls encor. Hâtez-vous de répandre Des pleurs que vous arrache un intérêt si tendre. Pleurez ce sang, pleurez. Ou plutôt, sans pâlir,

m IPfllGÉNIE, ^^^^

Considérez l'honneur qui doit en rejaillir.

Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos runes, Et la perfide Troie abandonnée aux flammes, Ses peuples dans vos fers, Priam à vos genoux. Hélène, par vos mains, rendue à. son époux.

Voyez de vos vaisseaux les p&up^^ouronnées, . Dans cette même Anlide avec vous retournées; Et ce triomphe heureux, qui s'en va devenir L'étemel entretien des siècles à venir.

AOAMEMNON.

Seigneur, de mes efforts je connais l'impuissance. Je cède, et laisse aux dieux opprimer l'innocenr^ La victime bientôt marchera sur vos pas, Allez. Mais cependant faites taire Calchas; Et, m'aidant à cacher ce funeste mystère, Laissez-moi de l'autel écarter une mère.

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