‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 89 sur 159 · ARCAS · texte numérisé non relu

ARCAS

Il l'attend à l'autel pour la sacrifier.

ACHILLE

Lui!

CLTTEHNEaTRE.

Sa fille I

* . IPHIOÊNIE.

* Mon père !

^RIPHILE.

O ciel! quelle nouvelle!

ACHILLE

Clnelle aveugle fureur pourrait l'armer contre ellel Ce discours sans horreur se peut-il écouter 1

Âh! Seigneur, plût au Ciel que je pusse en douter Par la voix de Calchas l'oracle la demande ; De toute autre victime il refuse l'offrande ; Et les dieux, jusque là protecteurs de Paris, Ne nous promettent Troie et les vents qu'à ce prix.

CLVTEMNE8TRE.

Les dieux ordonneraient un meurtre abominable !

IPmGÉNIE.

Ciel ! pour tant de rigueur, de quoi suis-je coupable ^

CLYTEMNESTRE

Je ne m'étonne plus de cet ordre c/nel Ctui m'avait interdit l'approcbe de l'autel.

218 iPHiaÉNiE,

iPHiGÉNiB, à AekiUe.

Et Toîlà donc l'hymen où j'étais destinée !

ÀRCAS.

Le roi, pour vous tromper, feignait cet hy menée. Tout le\ camp même encore est trompé comme vous

CLTTEMNXSTRE. *

Seigneur, c'est donc à moi d'embrasser vos genoux.

AcmLLE, la relevant.

Ah ! Madame...

CLTTEMNEflTRE.

Oubliez une gloire importune ; Ce triste abaissement convient à m^ fortune.

Heureuse, si mes pleurs peuvent vous attendrir! Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir. C'est votre épouse, hélas ! qui vous est enlevée ! Dans cet heureux espoir je l'avais élevée.

C'est vous que nous cherchions sur ce funeste bord; Et votre nom, Seigneur, la conduit à la mort. Ira-t-eMe, des dieux implorant la justice.

Embrasser leurs autels parés pour son supplice ? Elle n'a que vous seul. Vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile, ses dieux.

Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse. Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse. Seigneur, daignez m'attendre et ne la point quitter. A mon perfide époux je cours me présenter ; Il ne soutiendra point la fureur qui m'anime ; [1 faudra que Calchas cherche une autre victime, du, si je ne vous puis dérober à leurs coups, Ma ûlle, ils pourront bien m'immoler avant vous.

TRAOâDIS. 2lf)

Page 1