‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 10 sur 124 · POIRIER, VERDELET · texte numérisé non relu

POIRIER, VERDELET

Je trouve ton gendre obséquieux avec toi. Tu me l'avais bien dit que tu saurais te faire respecter.

POIRIER

Je fais ce qui me plaît. J'aime mieux être aimé que craint.

obséquieux = overdreven beleefd M Voir page 97.

VERDELET

Ça n'a pas toujours été ton principe. Du reste, tu as réussi : ton gendre a pour toi des bontés familières qu'il ne doit pas avoir pour les autres domestiques.

POIRIER

Au lieu de faire de l'esprit, mêle-toi de tes affaires.

VERDELET

Je m'en mêle parbleu ! Nous sommes solidaires ici, nous ressemblons un peu aux jumeaux siamois, et, quand tu te mets à plat ventre devant ce marquis, j'ai de la peine à me tenir debout.

POIRIER

A plat ventre ! Ne dirait-on pas ? . . . ce marquis ! . . . Crois-tu donc que son titre me jette de la poudre aux yeux? J'ai toujours été plus libéral que loi, tu le sais bien, je le suis encore. Je me moque de la noblesse comme de ça ! Le talent et la vertu sont les seules distinctions sociales que je reconnaisse et devant lesquelles je m'incline.

VERDELEL.

Diable ! ton gendre est donc bien vertueux ?

Tu m'ennuies. Xe veux-tu pas que je lui fasse sentir qu'il me doit tout?

VERDELET

Oh ! oh ! il te prend sur le tard des délicatesses exquises. Tiens, Poirier, je n'ai jamais approuvé ce mariage, tu le sais ; j'aurais voulu que ma chère filleule épousât un brave garçon de notre bord : mais, puisque tu ne m'as pas écouté...

POIRIER

Ah ! ah ! écouter monsieur ! il ne manquerait plus que cela !

VERDELET

Pourquoi donc pas ?

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