ACTE IV, SCÈNE II
DESTOURNELLES, à part.
C'est le premier transport ... Il n'a pas été long . . .
Frappons les derniers coups. (Il se rapproche du Marquis ;
avec respect.) Monsieur le marquis veut-il me permettre une
observation ?
le marquis, après un silence.
Laquelle, Monsieur?
DESTOURNELLES
En me coupant les deux oreilles, monsieur le marquis eût-il sensiblement amélioré sa situation ? Il est permis d'en douter ; peut-être n'eût-il réussi qu'à se priver des services d'un bomme venu ici, non pour le narguer, mais pour l'aider à sortir de l'abîme où il est tombé.
Destournelles expose alors an marquis la pénible situation dans laquelle celui-ci se trouve. Il n'y a qu'un moyen de se tirer de là, c"est de consentir au mariage de Bernard et d'Hélène. Le marquis commence par regimber (tegen te spartelen), mais son égoïsme l'emporte sur son orgueil et il donnera son assentiment si toutefois Hélène est du même avis.
LE MARQUIS
Vous me connaissez, Destournelles, il n'est pas de sacrifice que je ne puisse faire pour assurer l'avenir de ma fille . . . Mais comment la décider ? . . .
DESTOURNELLES, SOUriant.
Croyez-moi, vous y réussirez.
LE MARQUIS
Hein ? qui peut vous faire croire ? . . .
DESTOURNELLES
Vous y réussirez, vous dis-je; et quant à Bernard, je réponds de lui.
LE MARQUIS
Parbleu ! . . . Je voudrais bien voir . . . Mais, Destournelles . . . nous oublions ... Et la baronne ?
transport = drift
DESTOURNELLES
Madame de Vaubert?
LE MARQUIS
Mes engagements sont tels . . .
DESTOURNELLES
Mettez-lui sons les yeux ce petit papier, et vous saurez à quoi vous en tenir sur le désintéressement de cette noble dame.
Qu'entends-je? . . . Qnel trait de lumière ! . . . (La porte de droite s'ouvre, la Baronne s'arrête inquiète, voyant Destournelles).
DESTOURNELLES
La voici . . . Faut-il que je me retire?
LE MARQUIS
Grand Dieu ! . . . me laisser seul avec elle.
DESTOURNELLES, à part.
C'est juste. Pauvre marquis! ... Il n'est pas de force.