‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 118 sur 124 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

HÉLÈNE

Mais, mon père . . .

LE MARQUIS

Tiens, ma fille, il est triste de voir un gentilhomme occuper sa jeunesse à de pareilles niaiseries . . . Regarde Bernard, ça n'a pas encore vingt-huit ans ; eh bien ! ça vous a déjà un bout de ruban à la boutonnière ; ça s'est promené en vainqueur dans les capitales de l'Europe ; ça s'est fait tuer à la bataille de . . . enfin, n'importe ! . . . Je l'avoue, je suis obligé de l'avouer, je mourrais plus tranquille, si je te laissais appuyée sur le bras de ce jeune guemer.

HÉLÈNE

Oh! mon Dieu! . . . Mais je ne puis comprendre . . . vous le savez, nos engagements . . .

LE MARQUIS

Nos engagements ! . . . Mariage et fiançailles sont deux.

HÉLÈNE

Monsieur de Vaubert a ma parole.

LE MARQUIS

Je te délie, il n'a pas la mienne.

HÉLÈNE

Mais, mon père . . .

Je te délie, te dis-je, mon repos en dépend.

HÉLÈNE

Votre repos !

LE MARQUIS

Mon repos . . . mon bonheur ... Et si tu comprenais comme moi la nécessité d'un appui ... Si par hasard, ce jeune héros pouvait te plaire . . .

HÉLÈNE

Lui . . .

LE MARQUIS

Si tu sentais, comme mois, que tu ne peux être heureuse que par lui . . .

niaiseries^ kin<lerachtigheden ; je te délie = ik geef je je woord terug

348 HADlHOfULLl Dl LA —IgMÉMi

HELKNF..

Eh bien ! mon père, eh bien ? . . .

LE MARQUIS

Eh bien ! je n'hésiterais pas ... je foulerais aux pieds

l'orgueil de ta race, et mes aïeux en penseraient ce qu'ils

voudraient. Mes aïeux sont morts ... et toi, tu vis, mon

Hélène.

Hélène, se jetant dans ses bras.

Oh! mon père... je puis donc vous avouer... vous

dire . . .

LE MARQUIS

Quoi?

HÉLÈNE

Que Bernard . . .

LE MARQUIS

Eh bien ! . . . Bernard . . .

HÉLÈNE

Il m'aime . . .

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