ACTE PREMIER
poirier, à Antoinette.
Tu ennuies ton mari?
ANTOINETTE
Hélas ! j'en ai peur !
POIRIER
Parbleu ! ce n'est pas toi qui l'ennuies, c'est son oisiveté. Un mari n'aime pas longtemps sa femme quand il n'a pas autre chose à faire que de l'aimer.
ANTOINETTE
Est-ce vrai, Tony ?
POIRIER
Puisque je te le dis, tu n'as pas besoin de consulter Verdelet.
VERDELET
Je crois, en effet, que la passion s'épuise vite et qu'il faut l'administrer comme la fortune, avec économie.
POIRIER
Pourquoi ai-je toujours adoré ta mère? c'est que je n'avais jamais le temps de penser à elle.
VERDELET
Ton mari a vingt-quatre heures par jour pour t'aimer . . .
C'est trop de douze.
ANTOINETTE
Vous m'ouvrez les yeux.
POIRIER
Qu'il prenne un emploi et les choses rentreront dans l'ordre.
ANTOINETTE
Qu'en dis-tu, Tony?
VERDELET
C'est possible ! La difficulté est de le faire consentir.
POIRIER
J'attacherai le grelot. Soutenez-moi tous les deux.
VERDELET
Est-ce que tu comptes aborder la question tout de suite ?
f a 1 1 a c h e r a i le g r c 1 o t = ik zal de bel aanbinden ; aborder = aanroereii
POIRIER
Non, après déjeuner. J'ai observé que monsieur le marquis a la digestion gaie.