‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 25 sur 124 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

gaston intercepte le papier, le lit et le donnant à Chevassus. Et maintenant, dehors !

CHEVASSUS.

Trop bon, monsieur le marquis ! mille fois trop bon !

Il sort avec force révérences.

Cette action dessille les yeux de Gaston qui comprend enfin quel trésor il possède. Tout à sa joie il emmène sa femme au Bois de Boulogne. Mais Poirier apprenant ce qui s'est passé, exhale sa colère et décide de mettre fin une fois pour toutes aux prodigalités du marquis. Le premier étage de l'hôtel, occupé par Gaston, sera loué Iverhuurdj et les nouveaux mariés devront se résoudre à demeurer au second avec Poirier. Il fait appeler le cuisinier, Vatel, s'informe du menu que celui-ci a composé, le supprime et veut le remplacer par un bon diner bourgeois; mais Vatel ne l'entend pas de cette oreille.

VATEL

Mon aïeul s'est passé son épée au travers du corps pour un moindre affront ... je vous donne ma démission.

POIRIER

J'allais vous la demander, mon bon ami : mais, comme on a huit jours pour remplacer un domestique . . .

VATEL

Un domestique ! Monsieur, je suis un cuisinier.

POIRIER

Je vous remplacerai par une cuisinière. En attendant, vous êtes pour huit jours encore à mon service, et vous voudrez bien exécuter le menu.

VATEL

Je me brûlerais la cervelle plutôt que de manquer à mon nom. poirier, à part.

Encore un qui tient à son nom ! [Haut.) Bridez-vous la cervelle, monsieur Vatel, mais ne brûlez pas vos sauces . . . Bien le bonjour. {Vatel sort.) Et maintenant, allons écrire quelques invitations à mes vieux camarades.

intercepte = onderschept ; Je ni e brûlerais la cervelle = ik zou mij voor het hoofd schieten

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