‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 37 sur 124 · LE DUC, GASTON · texte numérisé non relu

LE DUC, GASTON

Ils se regardent un instant. Le duc éclate de rire.

GASTON"

Tu trouves cela drôle, toi?

LE DUC

Ma foi, oui ! Voilà donc ce beau-père modeste et nourrissant comme tous les arbres à fruit? Tu as trouvé ton maître, mon fils. Mais, au nom du ciel, ne fais pas cette piteuse mine ! Ris donc un peu ; l'aventure n'est pas tragique. Gaston:.

Tu as raison ! . . . Parbleu ! monsieur Poirier, mon beaupère, vous me rendez là un service dont vous ne vous doutez pa>.

LE DUC

Un service ?

GASTON

Oui, mon cher, oui, j'allais tout simplement me couvrir de ridicule; j'étais en chemin de devenir amoureux de ma femme . . . Heureusement M. Poirier m'arrête a la première station.

corbeille de n o c e s = bruidskorf ; piteuse = erbarnielijk ') C'est-à-dire à 5%.

LE DUC

Ta femme n'est pas responsable des sottises de Poirier. Elle est charmante.

GASTON

Laisse-moi donc tranquille ! Elle ressemble à son père.

LE DUC

Pas le moins du monde.

GASTON

Je te dis qu'elle a un air de famille ... je ne pourrais plus l'embrasser sans penser à ce vieux crocodile. Et puis je voulais bien rester au coin du feu . . . mais du moment qu'on y met la marmite ... (Il tire sa montre) Bonsoir !

Furieux contre son beau-père, Gaston, pour se venger, veut se rendre chez sa maitresse et sort au moment où Antoinette, encore toute à son bonheur, arrive avec Verdelet. La manière dont Gaston s'en va, ses réponses évasives (ontwijkende), une lettre de Madame de Montjay, suffisent amplement pour éveiller les soupçons d'Antoinette qui finit par être persuadée qu'elle a une rivale.

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