‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 39 sur 124 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

qu'elle le soit déjà, n'est-ce pas, Tony? Est-ce que tu crois qu'elle l'est?

VERDELET

Moi? pas du tout!

ANTOINETTE

Il ne m'a pas épousée avec la certitude qu'il ne m'aimerait jamais ... il n'a pas dû. me condamner si vite.

VERDELET

Non, sans doute.

ANTOINETTE

Tu n'en as pas l'air bien sûr . . . Es-tu fou, Tony, d'accueillir un soupçon si odieux ! Je te jure que mon mari est incapable d'une infamie. Réponds donc que c'est évident! Le prends-tu pour un misérable?

VERDELET

Non pas !

ANTOINETTE

Alors tu peux jurer qu'il est innocent . . . jure-le, mon bon Tony, jure-le!

VERDELET

Je le jure ! je le jure !

ANTOINETTE

Pourquoi lui écrit-elle?

Pour l'inviter à quelque soirée, tout simplement.

ANTOINETTE

Une soirée bien pressée, puisqu'elle envoie l'invitation par un domestique. — Ob ! quand je pense que le secret de ma destinée est enfermé sous ce pli . . . Allons-nousen .. . cette lettre m'attire ... je suis tentée.

Elle la remet sur la table et reste immobile à la regarder.

VERDELET

Viens, tu as raison. Elle ne bouge pas.

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