SCÈNE III
Les Mêmes, LE DUC.
LE DDC.
Je viens te chercher.
GASTON
Allons ! {Tendant la main à Verdelet.) Adieu, monsieur Verdelet. (Ils s'embrassent.) Adieu, madame; adieu pour toujours !
LE DUC
Il vous aime, madame.
Tais-toi !
LE DUC
Il vous aime éperdument ... En sortant de l'abîme dont vous l'avez tiré, ses yeux se sont ouverts, il vous a vue telle que vous êtes.
expiation = boetedoening ; éperdument = hartstochtelijk
ANTOINETTE
Mademoiselle Poirier l'emporte sur madame de Montjay? . . . quel triomphe! . . .
VERDELET
Ali! tu es cruelle!
GASTON
C'est justice, monsieur. Elle était digne de l'amour le plus pur, et je l'ai épousée pour son argent. J'ai fait un marché ! un marché que je n'ai pas même eu la probité de tenir. (A Antoinette.) Oui, je vous ai sacrifiée, par forfanterie de vice, à une femme qui ne vous vaut pas. C'était trop peu de votre jeunesse, de votre grâce, de votre pureté : pour éclairer ce cœur aveugle, il vous a fallu en un jour me sauver deux fois l'honneur. Quelle âme assez basse pour résister à tant de dévouement ? et que prouve mon amour, qui puisse me relever à vos yeux ? En vous aimant, je fais ce que tout homme ferait à ma place ; en vous méconnaissant, j'ai fait ce que n'eût fait personne. Vous avez raison, madame, méprisez un cœur indigne de vous; j'ai tout perdu, jusqu'au droit de me plaindre, et je ne me plains pas . . . Viens, Hector.
LE DUC
Attends . . . Savez-vous où il va, madame? Sur le terrain.
VERDELET et ANTOINETTE.
Sur le terrain?
GASTON
Que fais-tu ?
LE DUC
Puisque ta femme ne t'aime plus, on peut bien lui dire . . . Oui, madame, il va se battre.
ANTOINETTE
Ah ! Tony, sa vie est en danger . . .
LE DUC
Que vous importe, madame ? Tout n'est-il pas rompu entre vous ?
forfanterie = snoeyerij