‹ Œuvres choisies de l'abbé de Vertot (volume 2)Chapitre 13 sur 15 · I)E LA · texte numérisé non relu

I)E LA

i)ES CHEVALIERS DE MALTE. 4*9

knuraille, iaipenetrable a tous les efforts des ennemis ; on en vint bientot aux mains. Depuis le commencement du siege, ii ne setoit point fait ^ALEii encore dattaque si vive: souvent le Chretien et le Turc, apres avoir essuye le feu Tun de Fautre, bris^ leurs ^p^es ^ et rompu leurs piques , se prenoient corps-a-corps; et alors le poignard d6cidoit du sort du plus vigoureux ou du plus'adroit. Le feu de rartillerie et celiii de la mousqueterie continuoient des deux cot^s; et, de part et d autre, on lan^oit des feux d artifices. Ce fut en cette occasion que les chevaliers se servirent utilemcnt de ces circles enflammes , dont nous venons de parler : ils les jettoient au milieu des ennemis, et la plupart de ceux qui s'y trouvolent pris , bruloient tout vifs. Les cris de ces malheureux , ceux des combattans, les plain tes des blesses et des mourans, le tonnerre et le bruit du canon et de la mousqueterie , tout cela r^pandoit, de part et d autre , une esp^ce de terreur, sans cependant que les Turcs reculassent , et aussi sans que les chevaliers eussent encore abandonnd un pouce de terrain.

Du chateau Saint-Ange, et meme du Bourg, qui n ^toit doign^ du fort Saint-Elme que de la largeur du port, on d^couvroit distinctement tout^ce quise passoit dans une action si terrible et si meurtri^re. Les chevaliers et le peuple, spectateurs de ce furieux combat, inquiets et agit^s pourle succ^s , se passionnoient comme s'ils eussent eux-m^mes soutenu lassautjet on voyoit^

ay.

, tour-a-tour , dans feurs cris , et dans les different M LA mouvemend de leurs vi8a{;[e8, une image nalu* ^ALMTt. j^ijj. jgg avantages ou des pertes de Fun et dc Tautre parli. I4e0rand-Maltre, sur-tout, auquel la grandeur de son courage et de son habilete ne |>ermettoicnt pas d'etre spectateur inutile, dcs batteries du fort Saint-Ange, du Bourg et de lisle de la Saiigle , faisoit tirer continuellemcut contre les assi^geans.

Pendant que Fisle enti^re etoit, pour ainsi dire, en feu, trente ra'is Turcs, ou officiers de galeres, voyant que toutes les forces des assieges seloient portees dans lendroit oil se donnoit Tassaut , entreprirent de se rendre maitres d'un boulevard qui ^toit moins defendu. Us poserent des cchelles au pied , et gagn^rent, sans obstacle, la pointe de ce (bastion. Mais le Grand-Maitre , sen etant apper(;u, fit aussit6t braquer deux canons de ce c6te>Ia, et, de la premiere dechai^e, en tua vingt. Les dix autres, epouvantes, se jett6rent bien vite daus leur tranchee.

L^s Turcs n eurent pas un succes plus favorable au grand cavalier qui couvroit la tete du fort ; ils Tavoient battu long-tems avec toute leur artillcrie, sans avoir pu ^branler cette masse enorme de terre, qui se soutenoit par son pro«pre poids. lis presenterent ensuite Tescalade, et y montoicnt, lep^e a la main, avec beaucoup de courage ; mais le chevalier Jean-Antoinc Giugnio, Italien, qui commandoit dans ce poste, scconde par plusieurs autres chevaliers , et , sur-

tout , par un frere servant de la ville de Mar- — ♦ seiile^ appelle Ghanault, jettoient avec tant d'a- uetA dresse ces cercles de feu dont nous avons parle, Valette. que ies Turcs , ^pouvant^s de ces machines , abandonnerent Taitaque. Le janissaire le plus intr^pide, et qui, le sabre a la main, attaquoit hardiment le plus brave chevalier, a Taspect de ces cercles brulans , abandonnoit son poste , et s enfuyoit avec precipitation , sans que Ies prieres, Ies menaces, et meme Ies coups qu'il recevoit de se^ officiers, pussent Tarreter. Enfin Ies chevaliers, apres avoir soutenu uti assaut pendant six heures enti^res, quoique couverts de blessures, brules par I'ardeur du soleil, et epuises par une si longue resistance, eurent la x:onsolation de voir Ies Turcs abandonner Ies premiers Fattaque. Le bacha, apres y avoir perdu plus de deux mille hommes, fut contraint, a la fin , de faire sonner la retraite. Les Chretiens du fort en pousserent mille cris de joye , auxquels le peuple du Bourp servit d'echo , et repondit par de vives acclamations. Un si heureux succes, dont on n^eut ose se flatter dans une si mauvaise place, fut du uniquenient au gen^reux d^sespoir de la plupart des chevaliers, qui setoient, en quelque manifire, devoues a la mort; et ils vainquirent, parce que, pendant le combat, ils cherchoient moins a vaincre qu a venger leur mort par celle de quelque ehnemi.

La religion, dans cet assaut^ perdit dix-sept chevaliers , qui furent tous tues sur la .breche.

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'iEVALlEBS DE MALTE. 4^3

par son intr^pidite naturelle,

f EAH

les vicux soldats , k force de se m m

plus grands perils, il sen fftt v^litte.

, s'^tant avanc^ au-dehors de

icouvert, pour reconnoitre la

tin, fut atteint, h c6t^ de To-

at d'une pierre qu un boulet

cbdteau Saint-Ange, avoit

^p le sangiac fut tu^ sur-le-

'. gu6res en meilleur ^tat : il

?, tomba ^vanoui, et, jet-

ing par la bouche, par le

'jC bacha, pour ne point

t jetter sur lui une cou-

ir fait porter dans sa

U intr^pide , il s avanqa

mdroit fit scs observa-

^nieur que , pour em-

oyoit dans le fort, il

ir le Mont Calcara ,

?s lignes qui dtoient

ousscr, si on pou-

ons dit, avoit 6ti et pour ses trouit encore arrivd, bataillon de jail du c6te de la IS et le long de Salvador. On fui ^toit com-

424 HISTOIRE Dfc l'ORDRE

"— "" prise dans cette ^lendue, unc nouvelle batterie ;

tit I*

et les janissaires « y joignant le feu continuel de VALtrrK. lem^ longucs carabines, luoient tout ce qui se presentoit au passa{][e. Mais ils ne resterent pas long-tems dans ce poste; et, avant quils y eussent pu faire des logemens et s*y reti*ancher, le Grand-Mattre, qui en pr^voyoit les suites, fit sorlir du Bourg le marechal Copier, a la tete d un bon nomhre de cbevaliers et de soldats les plus braves de lisle; et le marechal chai^ea si rudemeut ces infideles, qu aprte en avoir tue une partie, il contraignit les autres a senfuir et a chercher leur salut derri^re les retrancfaemens de leur camp.

Le bacha, qui n avoit alors pour objet que d^empecher ccux du fort de recevoir le secoars du Bourg, par le conseil de son ingenieur, fit faire une espece de chemih convert derriere la tranchee, qui etoit au-dessous de la contrescarpe, et quon poussa ensuite jusquau rivage et au bord de la nier qui regarde la Benelle. On garnit cette ligne d un grand nombre darquebusiers; en sorte que, par cet ouvrage, auquel les Turcs travaill^rent jour et nuit, le fort se irouva, a la fin, investietenferme de tons cotes, sans qull en put approcher aucune barque qui ne fut aussit6t arretee on coulee a fond.

Le Grand-Maitre jugea bien qu a moins d'un puissant secours, et capable de faire lever le siege, le fort ne pourroit plus tenir long-tems. 11 en ccrivit aussitot au commandeur Salvago ,

«on resident aupr^s du vice-roi de Sicile , avec — ]~* ordre de renouveller ses instances aupr^s de ce de lh seigneur, pour le depart du secours. Quoique Valetie. ce chevalier lui repr^sentat Textrfimit^ oil le fort ^toit r^duit; qu'il le fit ressouvenir des promesses, tant de fois r^iterees, quil avoit faites au Grand-Maitre; et que, pour le toucher, il r^clamat la parole expresse et si respectable du roi Catholique, Garcie, inquict et incertain , eut bien voulu differer encore. Mais se voyant press^ par le seigneur Gatinare, prieur de Messine, et par plus de quatre-vingts chevaliers, qui etoient abord^s de dif]f(^rentes contr^es a Messine, et qui demandoient , avec de grands oris, que, si la flotte enti^re n'etoit pas encore en ^tat de mettre a la voile , il leur fourntt seulement quelques Taisseaux pour les passer a Malte, ce seigneur, pour se debarrasser de ces chevaliers , qui le tenoient comme assi^ge dans son Palais, et vaincu par la honte plut6t que par leurs pri^res, consentit, a la fin, qu'ils pussent sembarquer sur les deux galores que le chevalier de Corniisson , neveu du Grand-Maltre, avoit rameii^es de Sarragpsse. II y en joignit deux autres, sur lesquelles il fit embarquer un regiment d mfanterie Espagnol; il donna le commandement de ceite petite escadre a Jean de Cardone , sa creature ; et , par des ordres secrets, il lui commanda, s'il apprenoit que le fort de Saint-Elme fut pris, de* revenir sur-le-champ, sans mettre a terre et sans d^barquer les troupes qu'il lui confioit. Car-

4^6 HISTOIKE DE L*ORDR£

done se mit aussitdt en mer, et savan^ dans i»K LA le canal de Malte ; maU , 8ou9 pretexte des Valktti. vents contraires, ou de vouloir ^viter les escadres des Tares, repandues le long des cotes, au Ilea de debarquer en quelque cale, il consumoit le terns par differens mouvemens , la plupart inutiles : et il sembloit qu'il fut plutot parti de la Sicile pour montrer de loin le secours, que pour le debarquer.

A ne considerer que la conduite du vice-roi, on auroit cru qu il manquoit ou de courage ou de fidelite pour ses promesses ; et sa lenteur aflectee a secourir Malte , Tavoitr nidme rendu su^ pect et odieux a la plupart des chevaliers. Mais on ne faisoit pas reflexion qaavant toutes choses^ ce seigneur devoit r^pondre, sur sa tete,de la conservation et de la defense de la Sicile; qu'il etoit a craindre, si les Turcs se rendoient mai-^ tres de Malte, qu ils ne vinssent ensuite Tattaauer dans son gouvemeinent ; et quil avoit des ordres du roi d'Espagne , en voulant secourir le Grand- Mai tre, de ne pas hazarder temerairement sa flotte et son armee , en quoi consistoit la defense des royaumes de Naples et de Sicile, et meme des cotes d*Espagne.

Les Turcs profit^rent de cet exc&s de precaution ; le 2 J , ils revinrent , en foule, a Fassaut ; toute leur armee etoit dans les tranchees ou aa pied des murailks. Le bacba , esperant d emporter la place , ne menagea point ses soldats ; ils trouvercnt, dans toutes les attaques, le meme

c6arage et la m^me resistance de la part des as- '

si^g^s. Les infid^les quitt^rent et reprirent jus- dei.i qu'a trois fois ce terrible assaut ; un grand nom- '^a'-^^^*^bre de chevaliers perirent dans ces combats continuels ; et , si la nuit qui survint ne les eut fait cesser , ils n etoient plus en etat de soutenir les efforts de cette foule dennemis dont ils Etoient presses. Cette nuit, qui leur procura un peu de relache, leur fit voir, en meme*- terns, la grandeur de leur perte : ils la pass^rent parmi les gemissemens de ceux qui se mouroient, et a panser les playes les uns des autres. Le bailli de Negrepont, Lamirande, le chevalier du Mas, et les principaux chefs, par les secours cbaritables qu'ils donnoient aux pauvres soldats, s'acquitt^rent dignement, et en v^ritables Hospitaliers , des devoirs de leur profession. Dans cette extr^mite , pour ne manquer encore a rien de ce qui pouvoit contribuer a leur salut ou du moins differer leur perte, ils se servirent d'un excellent nageur qui traversa le port , et' qui representa / au Grand ^Maitre letat deplorable de la place, qui etoit perdue , lui dit-il , avec ce qui y restoit de Chretiens , si on ne troui;feit moyen d'y fairfe entrer un puissant secours.

he Grand- Mai tre fut moins surpris d une si triste nouvelle , qu'il avoit bien prevue , qu'il fut touche de compassion pour la perte que FOrdre alloit faire de si braves guerriers. II chercha encore tons les moyens de leur faire passer quelques secours; on ne laissa pas, par son ordre.

d armer proniptement cinq grandes barques, oii

Dl. 14

un grand nombre de chevaliers, tons brulans VALfeTTc. jg 3^1^ g| jg courage , se jetlirent en foule. Mais, qnol((ues efforls qu*ils ftssent, ils ne purent p6* netrer jusqu au fort. Mustapha avoit fait border le rivagc de son artillcrie et d*un corps de niousquetaires , et 1 ainiral Turc , de concert avec lui , avoit fait avauccr, li Terabouchure du port Musciet, quatre-vingts galeres ; et,pour plus grande surety, il avoit encore jette, au-devant de sa flotte , quinze barques, dc leg^res fregates, et des brigantins charges dexcellcns arquebusiers, qui, par un feu continuel , forccrent les chevaliers a se retirer.

Ceux qui defendoient le fort, ayant perdu toute esperance de secours , ne song^rent plus qu a finir leur vie en bons Chretiens, et en veritables religieux. Pendant la nuit, tous sy prepar^rent par la participation aux sacremens de leglise : apr^s setre tendrement embrass^s , et n ayant plus qu a rendre leurs ames a Dieu , chacun se retira a son postc pour mourir au lit dlionneur , et les armes a la main. Ceux que leur blessures empechoient de marcher, se firent porter dans des chaises jusques sur le bord de la breche; et, armes d'une epee qulls tenoient a deux mains, ils attendirent, avec une fermcte Ix^roique, que desenuemis, quits ne pouvoient aller chercher les vinssent attaquer.

Le lendemain , 23 dc juin , les Turcs, des la pointe du jour, monterent a Fassaut avec de

grands cris, et comme allant a une victoire qu'on "

ne pouvoit plus leur disputer. Mais le soldat „e^^" Chretien se defendit avec un courage invinci- Valettk. ble; il sembloit mSme que la certitude quil avoit d'une mort prochaine et commune avec les chevaliers, les eut rendus ^gaux en courage et en valeur : les uns jettoient des pierres et des feux d'artifices ; d autres s avanqoient fi^rement au-devant des ennemis , et avec la meme audace que sHls en eussent et^ victorieux. Ceux qui ne pouvoient marcher, se battoient^ coups de mousquet; et , apr^s avoir, pai* un feu continue! , conrsume toute leur poudre , ils en cherchoient encore jusques dans les fournimens de ceux de leurs camarades qui avoient ^t^ tues a leurs cot^s. Enfin , apr^s un assaut soiitenu pendant quatre heures entieres, ils se virent r^duits, pour d^fendre la br^che, a soixante'personnes. Mais cetoient plus que des hommes , qui, par un g^n<§reux m^prisl de la mort , faisoient encore trembler leurs ennemis. Le commandeur de Lamirande , de la langue de Castille , grand Capitaine, ' qui s ^toit signale pendant tout le siege, se voyant ' pres d'etre forc^ par les Turcs, rappella quelques soldats Chretiens qui setoient maintenus jusqnalors sur le cavalier qu on avoit construit audevant du fort. Le bacha, voyant la br^cbe fortifiee de ce petit secours, fit cesser tout d'tm coup Tassaut, comme sil eut iti^ encore une fois , rebuts par une resistance si opini^tre , et ii feignit de se retirer. Mais ce ne fut que pour

43o UISTOIRE DE LORDRE

■ faire occuper par des janUsaires, Don^seolement

,»c L4 Ic cavalier qu on yenoit d abandonner , mais en-

VALETri. ^Q|.^ £Qy3 ]^ postes sup^rieurs k la breche et qui

voyoient le dedans du fort a d^ouvert*

Les aasiigis eroploy^rent oe moment de relache a bander leurs playes^ moins pour conserver un reste languissant de vie, que pour pouvoir combattre encore quelques momens avec plus de forces. A onze heures du matin , ils virent revcnir les Turcs a Tassaut avec une nouvdle fureur ; et les janissaires , du baut du cavalier et des autres postes , avec leurs mousquets , choisissoient ceux qu*ils vouloient tuer. La plupart p^rirent par le feu ennemi : le bailli de N^grepont y le cbevalier Paul Avograde , Lamirande , et la plupart des chevaliers , avec ce qui leur restoit de soldats , -accables par la multitude , se firent tons tuer sur la br^cbe ; et ce terrible assaut ne finit que fau^ de combattans, et par la mort du dernier cbevalier.

La flotte des Turcs entra ensuite dans le port de Varza-Musciet comme en triomphe, et au bruit du canon, des trompettes et des autres instrumens militaires : tout retentissoit des cris de joye des infid^les. Quelques officiers de Dragut> ^tant courus a sa tente lui annoncer la prise du fort , le trouvirent a lextremit^ : mais, quoiquil eut perdu la parole, il ne laissa pas d en temoigner sa joye par quelques signes exterieurs; et, levant les yeux au ciel comme pour

Ten remercier , il expira un moment apr^s : Ca- ■

pitaine d'une rare valeur , et meme plus hum'^ain

DE LA

que ne le sont ordinairement les corsaires. Valettk.

Le bacha, entrant dans le fort , et jugeapt par la petitesse de cette place , combien le Bourg lui dooneroit de peine , s ^cria : « Que ne fera pas le « p^re , puisque le fils , qui est si petit , nous « coute no^ plus braves soldats ! n On convient . en efFet que les Turcs, dans le siege particulier de ce fort , perdirent au moins huit mille bom- . mes : ce qui affoiblit considerablement leur ar-m^e. Mustapha, naturellement cruel et sanguinaire , pour s en venger , et pour intfmider , en mSme-tems, les chevaliers qui etoient dans le HouTQy et dans les autres forteresses de Tisle^ fit prendre ceux qu on trouva parmi les morts ^ et qui respiroieat encore. Par son ordre , on leur ouvrit Testomac, et, apr^s leur avoir arrach^ le coeur, par une barbaric et une cruaut^ qui n avoit point d exemple !, et- pour insulter a I'instrument de notre salut dont ils portoient la marque, on fendit leur corps en croix ; on les revetit de leurs subrevestes; et, apr^s les avoir attaches sur des plancbes, il les fit jetter dans la mer , esp^rant, comme il arriva, que la mar^e les porteroit au pied du cb&teau Saint-Ange , et du cdt^ du Bourg.

Un spectacle si triste et si touchant tira des larmes des yeux du Grand-Maltre : la colere et une juste indignation succ^ddrent a sa douleur ,

Jbas

»ft LA

433 UISTOIRE D£ LORDRE

par repr^sailles, et pour apprendre au bacha a ne pas faire la guerre en bourreau , il fit ^orger^ sur-le-champ, tous les prisonniers Turcs; eC, par le moyen du canon , il en fit jetter les tSteft toutes sanglanles jusques dans leur camp.

Tin DU DOUZI^ME LIVRE.

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