‹ Œuvres choisies de l'abbé de Vertot (volume 3)Chapitre 17 sur 47 · COMPAGNONS DU GRAND-MAITRE · texte numérisé non relu

COMPAGNONS DU GRAND-MAITRE

De la langue de Provence , frère Girolamo de Merle Beauchamps, cavalcadour du Grand- Maître , et 'frère Pierre de Bernana Hornolacb.

D'Auvergne, frère Baltassard d'Alben^ et frère Foucaud de Saint-Aulaire.

De France , frère Adrien de Gontremoulins , et frère François de la Grange.

D'Italie , frère Jean Minutolo , et frère Mario AUiata.

D'Arragon , Catalogne et Navarre , NN.

i54 HiSTOinE DE l'ordre

Pour rAnplcterrc, frère Jean -Baptiste Macedo-

Di Pâiii. nio, et frrre Etienne dcl Portico.

D'Allemagne, frère (iuillaumc-Henry de Vas-

De Castille et Portugal , frère Gondisalvo d'Albernz , et frt*re dora Bernardin de Norogna.

L'inquisiteur prc^senta, ensuite, un Bref du Pape, qui le noinmoit pour présider à lelection de seize coroniissaires nommés pour régler les affaires de la religion ; mais sans qu il se pût mêler de proposer aucune affaire, ni d ouvrir son avis. Ixî Grand-Maitre, soit sagesse, soit politique, laissa accepter ce Bref par le Chapttre; et on procéda, ensuite, à Télection des commissaires. Il y en eut deux pour chaque langue.

Pour la Provence, de Villeneuve, bailli de ÏAi-

glc, et frère François Crotte la Ménardie.

Pour TAuvergne, Gerlande, prieur d'Auvei^ne,

et Laliege, prieur de Lyon.

Pour la France, Boisrigault, Grand-Hospitalier,

et frère Gabriel Dorin de Legai.

Pour ritalie, la Marra, prieur de Messine, et

Gattinara , prieur de Sainte-Euphémie.

Pour TArragon, Catalogne et Navarre, Sans, bailli de Négrepont, et THopital, bailli de Majorque.

Pour FAngleter re, l'inquisiteur Serissori nomma, avec ordre du Pape, frère Pierre-Louis Chantelot la Chese, de la langue d'Auvergne, et frère dom Juan de Villaroel, du prieuré de Castille.

DES CHEVALIERS DE MALTE. l55

Pour rAUcmagne, le bailli frère Jacques-Chris- """"""^

tophe Abandlau, et frère Evrard, baron d'Es- de PicLi.

tain.

Pour Gastille et Portugal, frère Thomas Hozes,

lieutenant du grand-chancelier, et frère Bia-

gio Brandro.

Le Chapitre ayant remis entre les mains de ces seize commissaires toute son autorité , ils se retirèrent, avec l'inquisiteur, dans le conclave qui s assembla dans la salle du Palais de la Tour, L'inquisiteur, comme nous lavons dit, et suivant Tintention du Pape, y présida, mais sans ' avoir de suffrages , et sans être en drqîÉ de faire aucune ouverture.

Ce fut Boisrigault, grand-Hospitalier , qui , comme le plus ancien des seize, proposa les affaires qu il falloit examiner. Imbroll , prieur de Féglise, en qualité de procureur du Grand-Maître, Abela, vice -chancelier, et frère Pierre Turamini, secrétaire du commun trésor, intervinrent dans cette assemblée, qui, par de sages règlemens, termina les affaires générales et partîdulières. Comme, depuis ce tems-là, il ne s est tenu aucun Chapitre , les jugemens et les règlemens de celui-ci servent aujourd'hui de loi et de décisions sur les différends qui peuvent s'élever dans rOrdre.

lia religion perd, le long des côtes de Cala- lesa. bre, la galère de Saint- Jean, par la violence d'une tempête. L'équipage gagne ter/e; et on en retira , depuis , l'artillerie et les principaux effets

l56 HISTOIRE DE l'oRORB

On fait, cette année, I enuroération de tous les Dc Pailk. habitans des isles de Malle et du Goze; et, outre les religieux de TOrdre, les ecclésiastiques, et ce qu on appelle, à Malte ,f ami tiars de Tinquisition, il s y trouve 51,760 habitans, hommes , femmes et enfans.

i633. Frère Imbroll , prieur de leglise, s'offre à TOrdre, pour en écrire Thistoire, et on lui permet de prendre communication des registres de la chancellerie. L année suivante, le cardinal Barberini présenta, à la religion, pour le même usage, le chevalier frère César Mugalotti, excellent suje^ et très -versé dans les belles -lettres. L un et niutre commença son ouvrage y mais sans lachever.

1634. Les galères de la religion , vers la fin d'avril , sortent, en course, sous le commandement du général Valdi, et prennent, proche Tisle de Zante , quatre vaisseaux ou navires, chargés de 65o Maures ou nègres qu on envoyoit, de Barbarie, à Constantinople. Le même général donne un autre combat contre les corsaires de Tripoli, sur lesquels il fait trois cent trente-huit esclaves, et délivre soixante Chrétiens. Les Vénitiens se plaignent amèrement que les galères de l'Ordre fassent des prises dans les mers et sur les terres du domaine de la République. L^ambassadeur de Malte, par ordre du Grand-Maitre, leur répond que la religion rendroit volontiers les sujets du Grand-Seigneur , pris dans le golfe ; mais qu*à legard des corsaires , il les feroit pendre comme

des scélérats, ennemis de toutes les relif^ions et — de toutes les nations. Autre brouillerie avec la i>£ pauli. Bépublique de Luques, qui est suivie d'un décret , de ne plus recevoir aucun de ses citadins pour chevalier de justice: le Pape termine ce différend.

Aventures du prince Guchia , qui se disoit fils de Mahomet Itl, et que sa mère, Chrétienne d origine, et de la Maison des Comnènes, fit passer en terre Chrétienne , et y fit élever. La relif^ion embrassa le parti de ce prince , vrai ou faux.

Les chrétiens Grecs de TOrient, et schismati- i635. ques, à prix d'argent, qu'ils donnent aux Turcs, enlèvent aux Franciscains de l'Europe la garde du Saint-Sépulcre, du Calvaire , de Bethléem, et des autres saints lieux de la Palestine. Le Pape prie le Orand-Maltre et le Conseil, comme mieux instruits de la disposition de la Cour Ottomane , de faire restituer les clefs de ces saints lieux aux religieux Latins. Le Grand-Maitre et son Conseil sont d'avis d'avoir recours à la force des armes, et de n'épargner pas les Grecs schismatiques, quand ils tomberoient sous la puissance de quelques princes Catholiques.

La trop grande facilité du Pape pour accorder la grande croix à de simples chevaliers, détermine l'Ordre h s'opposer au Bref qu'il avoit donné en faveur du chevalier de Souvro, quoique son père eût été gouverneur du roi Louis XIIL

Mort du Grand -Maître de Paule^ âgé de prr»

j58 histoire de l'ordre

"7 " (le quatre-vingt-cinq ans, après une maladie qui

ne Paulk. (lura prcs de trois niois. Son épitaphe contient if»36. son élo{je et son caractère.

'® J"'"' « Fratri Antonio de Paula, Magno mililiœ Hic- M rosoliniitana* Magistro, principi gratissimo, » splendidissimo , qui, ol> cgregias aninii dotes, • vivens in omnibus sui amorem , extinctus de- «siderium cxcitavit; paccm niiriHcè coluit et ^ afflucntiam ; Ordinis vires, opes addidit, auxit; «ampliori niunire vallo urbem aggrcssus cùm «annum ageret magisterii decimum quartum, " u'talis supni octogesimuni , diuturno cum a morbo constanter conflictus , semper seipso ^ major , piissimè ac rcligiosissimè quievit in ^ Domino, septiuio Id. Junii anno sal. 1 636 ». Paul I^e i3 juiu i636, frère Paul Lascabis Gaste- ^**^^g" LARD, bailli de Manosque, issu des comtes de LARD. Vintimillc, et sorti des anciens empei^urs de Coustantinoplc, est élu pour successeur d'Antoine de Paule. Le lendemain, suivant Tusage, le Conseil confère, au nouveau Grand-Maitre, la souveraineté des isles de Malte et du Goze , avec tous les droits dont ses prédécesseurs avoient joui. La cherté des grains se fait sentit à Malte: le Grand-Maître a recours au président de Sicile , qui refuse, avec beaucoup de dureté, den laisser sortir de cette isle. Nari, général des galères, s adresse au vice-roi de Naples , qui permet la levée de six mille sommes de bled, franches et quittes de toute imposition , et des droits de s();'tii\

DES CHEVALIERS DE MALTE. i5q

Lascàris fait frapper de nouvelles monnoies , ~~ — pour payer- les ouvriers qui travailioient conti- Lascaris nuellement à de nouvelles fortifications, sous la ^^*^^conduite de Florian , ingénieur et colonel d'un régiment dlnfanterie. que le Grand-Maître honora de rhabit et de la croix de la religion.

Frère dom Pierre do Vintimille, de la même Maison que le Grand -Maître, fonde, à perpétuité , sous le nom de Saint-Pierre , le bois d'une galère, et il hypothèque cette fondation sur depx maisons qui lui appartenoient, de mille écus de revenu, sur le Môle de Messine. Cavaretta, prieur de Venise, fait une pareille fondation pour une autre galère, qui devoit porter le nom de Saint- Nicolas ; et le commandeur Conrard Scheifurt de Merode fonde , dans la langue d'Allemagne , la commanderie de Breslaw.

Le Grand-Maître partage tous les habitans de Malte en différentes compagnies, auxquelles on fait prendre les armes : des chevaliers sont préposés pour leur apprendre à s'en servir contre les courses et les descentes des Turcs et des corsaires.

Le duc de Montalte, vice-roi de Sicile, le pré- «637. sident et les autres officiers du roi d'Espagne, toujours envenimés contre la religion, non-seulement refusent la traite des grains , mais ils ordonnent qu'on arrête, dans les ports de Tisle, tous tes vaisseaux de Malte qui y entreront. Le sujet de leur chagrin venoit de ce que les deux couronnes de France et d'Espagne étant actuel-

l6o IIISTOIBE DE L*ORDRE

lement en guerre, des chevaliers Français, qui Li4( %nis inontoient des vaisseaux ou des galères de France, Cà-iTr. avoient fait des prises considérables à lentrée des ports de Malte. Sur les ordres de cette rcgcuce , deux galères de la religion étant entrées dans le port de Syracuse , on se mit en état de les désarmer. Mais le commandant, ayant prévu leur dessein, sortit brusquement du port. Le gouverneur, ou le commandant d armes, pour le forcer à rentrer , lui lâcha toute rartillerie du château. Mais^ malgré ses canonnades, il prit le large et retourna à Malte. Cette conduite des Espagnols , si bons témoins des services rendus à Iciir souverain pour la défense de ses Etats , scandalisa toute TEurope; et on disoit, sur- tout dans les Cours d Italie, que les galères de Malte n avoient jamais essuyé de coups de canon que de la part des corsaires et des infidèles.Leduc de Montalte, craignant que ces bruits et les justes plaintes du Grand-Maitre ne parvinssent aux oreilles de son roi , désavoua le gouverneur de Syracuse , blâma son action; et, pour marque d'une plus grande satisfaction, il promit de laisser sortir des grains pour être transportes à Malte.

Le commandeur de Talembach , de la langue d'Allemagne, offre à la religion d armer une galère à ses dépens: proposition qui fut reçue agréablement dans le Conseil; mais la guerre 8 allumant de plus en plus dans FAllemagne , le projet de Talembach n eut point de suite.

La commanderie de Sarrasine est fondée en

DËd CHEVALIËRd DE MALTE. l6l

Sicile. Le fondateur en {^arde les revenus pendant

sa yie^ et il reçoit Iliabit de la religion. Laicaris

Des chevaliers Français occupent le canal de ^^^^' Malte; et, pendant la guerre entre les deux cou*» ^^3^ ronnes, font plusieurs prises ^pt les Espagnols. IjC capitaine Paul, frère-servant d'armes, et Fran»çais de nation, enlève, dans le même endroit, un vaisseau Algérien ; il le conduit à Malte , et y est bien reçu. Mais le Grand-Mai tre lui défend, et à tous les chevaliers, de prendre les armes contre les princes Chrétiens. Lascaris en écrit au roi de France, en termes très-forts, lui repré*» sentant que des chevaliers , naviguant sous sa bannière, venoient enlever des vaisseaux Sici-* liens : ce qui interrompoit le commerce nécessaire entre Tisle de Sicile et celle de Malte, et aigrissoit Tesprit des ministres du roi d'Espagne, qui publioient que les armemens se faisoient de concert avec le Conseil de l'Ordre.

Le commandeur de Charolt, général des galères , se met en courses , prend d'abord plusieurs petits bâtimens , et tombe sur trois gros vaisseaux de Tripoli, qui escortoient un grand nombre d'autres bâtimens. Le général de Malte, sans s'amuser à les canonner,se dispose à aller à Tabordage, et partage ses galères. La capitane^ et le Saint-Pierre, sous Iç commandement du chevalier frère Jean Jérôme de Galéan-Châteauneuf , investit la capitane des infidèles. Saint-^ Nicolas et la Victoire , sous le commandement de frère Jean-Baptiste Caracciolo , et frère Jean

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