‹ Œuvres choisies de l'abbé PrévostChapitre 16 sur 18 · LA V E K T T · texte numérisé non relu

LA V E K T T

21. Que l'inclination eft abfclumenü néceflaire avant le mariage.

2 2 . Que les exemples de gens dont l’amour {bit plus fort après qu’avant le mariage , font plus rares chez les hommes que chez les femmes. Màis pourquoi cela ? Je voudrais qu'il m'eut dit les raiforts qu'il en fait : je m'imagine quelles ri auraient pas été à C avantage de fon /exe.

2 j. Qu’une femme doit donner lieu à fon mari de croire qu’elle le préfère à tous les hommes. Oh ! cela va fans dire .

24. Que fi elle veut l’emporter quelquefois , ce doit être par la douceur & la complailànce. Il veut dire fans doute , en cédant.

2 f. Et cette complaifance ne doit pas non plus fentir l’efclavage , [ufqu’au point de paraître le réfiiitat de fon infenfibiiité , plutôt que celui de fa tendrefle & de fon bon fens.

i6. Que les termes de commander & d’oBÉiR feront effacés de fon vocabulaire. Braviffimo !

27. Qu’un homme ne doit exiger de fa femme tien qui ne foit utile, raifonnable &c jufte. Affùrément rien n'efl plus judicieux.

28. Mais qu’aufli elle ne doit, en l’obligeant, témoigner ni répugnance , ni chagrin , ni incertitude y mais le faire à demi-mot , Sc ne fe faire jamais dire une chofe deux fois. Mais n'y a-t-il pas quelques occafions où l'on pourroit un peu pajfer

par-deffus cette règle ? Oui , certes ; car il dit enfuite :

29. Mais que cela ne doit avoir lieu qu’autant qu’il a foin de rendre là complaifance raifonnable & compatible avec fa qualité d’agent libre * dans les points qu’on doit lui allouer. Allons , cela n'efi pas encore fi mal , fur-tout de fa part.

3 o. Que fi le mari s’obfline à exiger une choie qui ne convient pas , elle doit la faire fans difputer avec lui, & enfuite propofer fes raifons. Bonté divine ! je ne fais que dire à celui-là. Il me paroit un peu dur ; & je m'imagine que ce feroit matière à des débats bien vifs dans un parlement de je mmes. Mais voyons l’article fuivant.

3 1. Suppofé que la difpute ne roule que fur des bagatelles. Boni ceci raccommode un peu la chofe: car on ne doit point , à mon avis , infifier fur des riens.

3 1. Que les plus grandes querelles entre amis, & affurément un mari & une femme font , ou du moins , devroient être amis i nailfent fur des fujets de néant. Je crois cela très-véritable i car avec la meilleure intention du monde , j'ai penfé tout-àl' heure m’attirer la colère de mon mari.

33. Qu’une femme ne doit jamais vouloir convaincre fon mari par pur efprit de contradiction , mais pour l’amour de lui. Comme ils y trouveront tçus deux leur compte , fi l'un des deux fie (on-

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forme à cette règle , je la crois trèsjudicieufe.

34. Que dans toutes les compagnies une femme doit témoigner de l’eftime & de la tendreflè pour fon mari. j

Et cela, pour l’amour de fa propre réputation & de fa sûreté; parce que,

3 6. Les libertins ne font jamais plus fortement encouragés à attaquer la vertu d’une femme mariée, que par la mauvaife opinion qu'elle paroît avoir de fon mari. Rien , ajfurément , nefl mieux fondé en raifon ; & c'ejl une ra'ifon admirable.

3 7. Que par conféquent une femme doit chari-, tablemenr tirer le rideau fur les défauts de fon mari.

3 8. Qu’elle en doit exténuer ce quelle ne faut— toit en cacher.

3 9. Qu’elle doit mettre fes vertus dans leur plus beau jour. . ■ 1

40. Et convaincre le monde qu’au moins elle a bonne opinion de lui.

41. Quelle doit montrer un vifàge gai & content à qui que ce fbit qu’il amène au logis.

42. Que, quelques défauts quelle apperçoive che2 lui, elle ne l’en reprenne jamais en compagnie.

43. Au moins , avec aucuns de ce s airs de fupériorité qui fîgnifieroient qu’elle auroit meilleure opinion de fon propre jugement que du lien.

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