‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 19 sur 74 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Trompette, éveille au loin les amans de la gloire I Que Mars dispense ailleurs les prix de la victoire! Riche de mon amante, heureux, libre de soin, Ma fortune se rit de l'or et du besoin.

Adde merum vinoque novos compesce doiores.

TiBULL.

Verse, verse, ô Bacchus! ta liqtieur favorable; Assonpis les chagrins d'un amant misérable; Défends aux importuns de troubler mon repos. Si l'amour qui gémit goûte encor les pavots!

Ma Délie est soumise aux ordres d'un barbare: Une porte d'airain l'enferme et nous sépare. O porte inexorable à mes vœux les plus doux, Que l'orage et les vents, que la fondre en courroux Te brise !.... ah ! plutôt cède à mon impatience ; Ocvre-toi sans trahir un timide silence. Si quelque injure échappe an dépit d'un amant. Pardonne! il expiera ce fol égarement.

Hélas! rappelle-toi de plus douces offrandes; Combien pour t' embellir j'ai tressé de guirlandes!

Toi, Délie, ose fuir un argus odieux; Ose; Vénus sourit aux cœurs audacieux.

Soit qu'un jeune amant tente une porte connue. Soit que l'ouvre en tremblant sa nymphe à demi nue

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