‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 44 sur 74 · LA SAGESSE · texte numérisé non relu

LA SAGESSE

O nature ! ô ma mère ! ô déesse éternelle ! Toi que Terreur des lois veut rendre criminelle, Je t'implore, descends, respire dans mesyers! O source du génie , âme de 1 univers,

i52 La nature.

C'est toi j fille des dieux, toi dont les mains fécondes

Forment la chaîne immense et des temps et des mondes.

Ta volonté suprême est ta suprême loi ;

Ton règne iLiuiitè n'a de borne que toi.

Loin au-delà des cienx où tes flammes circulent,.

De ton immensité les bornes se recalent.

C'est la main qui semait sous tes pas radieux

Leur poussière étoilée aux vastes champs des cieux.

Éclaire des mortels l'orgueilleuse ignorance,

O centre! qui jamais n'eus de circonférence.

Comment fis-tu rouler dans le cercle des ans

Et les rapides jours et les siècles pesans?

Tu dis, et du chaos les goufi"res disparurent ; La matière, l'espace et le temps accoururent. Autour de toi ilottans, les mondes et les cieux N'attendaient pour marcher qu'un signe de tes yeux. Tu sortis de toi-même , et ta main sûre et libre Au sein des mouvemens balança l'équilibre , Vers un centre commun fit peser tous les corps, Des élémens rivaux assembla les accords. Alluma les soleiis, suspendit les planètes, Et crayonna leur route aux rapides comètes j Fit éclore en jouant les astres et les fleurs. De l'arc brillant des cieux nuança les couleurs ; Sut diviser l'atome en points inaltérables , Enferma dans un gland des forêts innombrables. Brisa l'angle, et du cercle arrondit les contours. Tu commandas aux mers leur fuite et leurs retours; Jetas dans l'Océan les pesantes baleines, Soufflas l'air, et des vents dispersas les haleines ;

CHANT PREMIER. l33

Recourbas les vallons, inclinas les coteaux, Dq centre des rochers versas l'urne des eaux , De chaque être fixas et le germe et l'espace. De l'énorme éléphant appesantis la masse, Du ciron invisible arrangeas les ressorts. Et soutins des oiseaux les rapides essors.

Mais l'homme qui respire, étonné de lui-même. Fut le chef-d'œuvre heureux de ton souffle suprême; C'est pour lui que ta main, prodiguant les moissons. Entrelaça les jours, les nuits et les saisons. Toi-même dans son âme imprimas ton image , L'aveu de son bonheur te devint son hommage ; Né libre, il ne connut de souverain que toi . Et l'univers naissant applaudit à son roi.

Ah ! combien son erreur a voilé ta lumière , Et qu'il s'est égaré de sa route première. De ce premier bonheur, qu'aux champêtres humains OfiFrait ce globe, à peine échappé de tes mains !

Et vous , de la nature immortelles compagnes , Vous, déités des bois, vous, nymphes des campagnes. Laissez-moi parcourir vos bosqnets ombragés, Quel art contagieux n'a jamais outragés; Ouvrez-moi ces berceaux dePomone et de Flore, Où sourit la nature , où l'âme semble éclore. Guidez mes pas errans aux sources de ces eaux Où Diane se plonge entre miile roseaux; Laissez-moi, le front ceint d'olive et d'amaraute , Fouler de vos tapis la richesse odorante;

i54 ^ LA NATURE.

Livrez âmes regards vos asiJes secrets.

Ces lacs , ces prés, ces bois, ces grottes, ces forêts;

Versez dans tous mes sens Tliarmoûieux délire ;

Tandis qu'à vos bienfaits je consacre ma Ijre ,

Déesses, prêtez-moi l'ombre de vos rameaux ;

Je chante un bonheur pur, né du sein des hameaux.

Et toi qui, des grandeurs dédaignant l'imposture , Ne connais que l'amour, la gloire et la nature. Muse, qui sur ma tête as versé tes rayons. Sous les jeux de Paies dirige mes crayons, Des moissons du bonheur viens séparer l'ivraie; Peins-nous dans les hameaux la sagesse plus vraie , La liberté plus fière ; et d'un vol plus heureux Le génie et l'amour y déployant leurs feux.

De ces divins objets ma lyre est animée; Si du siècle de fer ia rouille envenimée A corrompu les cœurs et souillé l'univers. Que du moins 1 âge d'or renaisse dans'raes vers !

Le sage aime à rêver dans un réduit champêtre; L'agneau qu'il voit bondir, la brebis qu'il voit paître, Les taareaux qu'il entend mugir dans les vallons. Le fer cultivateur, luisant sur les sillons. Les forêts, les coteaux et leur fertile pente, Un zéphyr qui s'égaie , une onde qui serpente , Flattent plus ses regards justement enchantés Que le faste indigent des profanes cités.

Eh I que dit à nos cœurs la pompe de aos villes ,

CHANT PREMIER. i35

Ces palais élevés par tant de mains serviles .

Ces rapides coursiers, ces chars tumoltneux,

Ces dehors imposans d'nn ennui fastueux?

Qu'oflrent-ils aux regards? des surfaces trompeuses.

Des plaisirs inquiets, des misères pompeuses.

Le mérite courhé sous le joug des tyrans.

Et de l'antique honneur les restes expirans.

Là , des crimes heureux le ciel parait complice.

Mais l'honneur est vengé, sa vue est leur supplice;

La richesse est le prix des vices intrigans ,

Et des larcins de l'or, l'or absout ses brigands.

Je sais trop que Voltaire , abusant du génie , Aux champêtres vertus prodigua l'ironie; Et refusant ses mains au culte de Cérès , A d'un vers dédaigneux insulté nos guérets; Jeux sanglans de l'esprit , funeste hadinage , Plus cruel que le fer instrument du carnage , Qui, dépouillant le cœur de sa noble fierté, A la mollesse, à l'or, vendit sa liberté ! Malheureux qui changeait, avec trop d'imprndence. Aux feslins des tyrans la sobre indépendance; Prodigieux mortel! homme unique et divers, Tantôt avec les dieux planant sur l'univers , Tantôt jusqu'à Zoïle abaissé dans la fange. De force et de faiblesse incroyable mélange ; Homme au-dessus des rois , s'il les eût ignorés , Et le dieu des talens , s'iHes eût révérés. Mais du cygne français * diffamant l'harmonie,

* Le grand Rousseau. {Note de i'auteur.)

l36 lA NATURE,

Il courut dans le Nord flatter la tyrannie. Long-temps de rois en rois son orgueil a rampé Sons un joug éclatant que ses pleurs ont trempé. Enfin il guide au port une orageuse vie , Et redemande aux champs sa liberté rarie : Les champs et la nature animent ses accens , Et ce bonheur si pur a son dernier encens.

O maison d'Aristippe! ô jardins d'Epicure ! * C'est vous qu'il implorait dans sa retraite obscure ^ De ses destins errans il a fixé le cours Près d'un lac et des bois, loin des trompeuses cours. Là ce vieillard fameux jouit de sa mémoire; I! rallume sa vie an flambeau de la gloire. Cornélie a volé dans ses bras généreux; Il a tout expié , puisqu'il fait des heureux .

Ainsi , quand de Vénus les flammes sont éteintes , Quand de l'ambition il sent moins les atteintes , Le cœur revole aux chdmps dont il fut séparé : Il ramène au bonheur son hommage égaré.

Heureux qui, soulevant une chaîne importune, Détache ses destins du char de la fortune , Et sans la fatiguer de soupirs éternels. Cultive de ses mains les guérets paternels ! Moins envié peut-être, et plus digne d'envie. Aux mortels indiscrets il dérobe sa vie;

* Ce vers est de M. de Voltaire lui-même, [Note de l'auteur.)

Loin des cris insensés iVun vulgaire odieux. L'innocence des champs rend rhomme égal aux dieux. Libre au sein des forêts, sa vertu solitaire

Y rompt des préjugés la chaîne héréditaire,

Y jette aux aquilons nos stupides erreurs. Et le sombre avenir et ses pâles teireurs.

Oui , la cour de Paies est l'asile du sage; C'est là que de son âme il fait l'apprentissage; Et rendant la nature à ses antiques droits. Du fond de ses déserts interroge les rois. Il pénètre ces cœurs fiers de notre faiblesse , De ses frêles appuis dépouille leur mollesse ; Et tous ces dieux mortels , ouvrages de nos mains. Rentrent à ses regards au niveau des humains.

Tel à des yeux divers le spectacle varie , Tel aux yeux du pasteur, couché dans la prairie, Le chêne qui déploie un front démesuré. Semble être un citoyen de Tempire azuré. Mais au regard perçant de l'aigle vigilante Qui pénètre des airs la voûte étincelante. L'orgueil du chêne rentre au niveau des sillons , Et se mêle aux tapis de nos humbles vallons. Mais la fierté de l'aigle errante sur la nue. Des regards du soleil est à peine connue , Et ce même soleil n'est aux regards des dieux Qu'une étincelle, un po^dans l'abîme des cieux.

Voilà donc tes degrés, ô superbe existence ! Et du monarque au sage il est plus de distance II. 12.

l38 l'A NATURE.

Que du sage aux dieax même; image de ces dieus , Son âme en réfléchit quelques traits à nos yeux.

Roi superbe, ta cour aura peine à comprendre Ces nobles vérités qu'ici j'ose t'apprendre. Sur le sage oublié tu versas tes mépris , Mais d'un sage et d'un roi distingue enfiu le prix. Dépouille ta couronne et l'orgueil d'un vain titre ; Prends le tombeau pour juge, et la mort pour arbiîrn L'un meurt, et dans la poudre il reste confondu ; L'autre, s'ouvrant le ciel dont il est descendu , Y vole sur un char que la gloire soulève; Ainsi le vil plomb tombe, et la flamme s'élève; Aux jours des souverains leur règne est limité. Mais l'empire du sage est l'immortalité.

Que Gérés des mortels soit à jamais chérie! C'est le premier sillon qui fixa la patrie. La foudre fit les dieux, le glaive fit les rois; Cérès, le soc en main , vint nous donner des lois. Non ces lois, qu'à grands cris la chicane infernale Vomit impudemment de sa bouche vénale.

Et qu'osent nous dicter ces brigands deTbémi?,, De ses droits les plus saints profanes ennetnis. Un vil juge, abruti par l'infâi^Juxure, Ivre encor des baisers de îa Lais impure. Viendra, pour couronner ses impudiques feux, De nos plus saints hymens briser les chastes nœuds :

CHANT PREMIER. iSg

Et du voile cl es lois couvrant TafFreTix mystère , Lancera ses arrêts d'une bouche adultère , Jusqu'au jour où rompant nn sommeil odieux, La foudre doit enfin justifier les dieux.

Heureux cultivateur des champs qui t'ont vu naitre. Que ton bonheur est pur, si tu sais le connaître ; Si Thémis n'y vient point, par de noires clameurs, T'y fatiguer de lois moins pures que tes mœurs ; Lois que la brigue ou l'or plie à son vil usage , Esclaves des tyrans , et les tyrans du sage ! L'âme devient champêtre à l'aspect des hameaux , Y vole avec zéphyre , y coule avec les eaux , S'afflige avec Délie au chant de Philomèle, Sourit avecla fleur, s'épanouit comme elle, S'épure avec l'aurore à son brillant retour. Se colore des feux qu'épand l'astre du j our. Et pour son bonheur seul ingénieux Prothée, Devient tous les objets dont sa vue est flattée.

Les chnmps sont nosberceaux. Tout homme estnépasteui Le premier des mortels est un cultivateur. Et le second peut être un roi qui le protège. Il n'a point des grandeurs le fastueux cortège. Mais sous un toit rustique il goûte un doux sommeil. Chaque aurore lui verse un jour pur et vermeil. Le fifre aux sons aigus , la trompette éclatante. Le bruit sourd des tambours n'ont jamais sous la tente Réveillé de Paies le paisible héros.

Il laisse à Frédéric ces combats, ces assauts, A l'œil sanglant de Mars pompes voluptueuses.

l4o LA NATURE.

Le fer est inncH;ent dans ses mains vertueuses ,

Ce fer, qui désormais partageant nos fureurs ,

D'un carnage eCFréné respire les horreurs :

Ce fer que lui prêta la céleste indulgence ,

Pour cultiver ses champs , pour vaincre l'indigence .

Pour moissonner la gerbe aux fêles de Cérès ,

S'armer contre l'hiver du secours des forêts.

Et loin de ses foyers et de sa bergerie,

Du monstre affreux des bois repousser la furie.

Elève de Paies, ô mortel généreux !

Toi qui d'un fer paisible ouvres tes champs heureux Jamais l'affreux duel, monstre impie et farouche, La fureur dans les yeux et l'insulte à la bouche. De rage, de vengeance et de sang altéré , N'arme tes mains d'un glaive aux meurtres préparé. Tu ne la conçois pas , cette horrible folie Qu'adopta du Français la cruauté polie , Et qui, fermant l'oreille aux cris delà pitié, Pour venger des égards égorge l'amitié.

La raison calmerait la fureur qui Tanirae, Mais d'un blâme moqueur l'effroi pusillanime Précipitant son bras à ces tristes exploits. Le jette entre la mort et la rigueur des lois. Ah ! ces Grecs, ces héros au-dessus de l'outrage. De ces lâches fureurs souillaient-ils leur courage? L'art du gladiateur, vil aux yeux des Romains , A ces meurtres obscurs n'instruisait pas leurs mains. Citoyens désarmés à l'ombre des murailles. Ils cherchaient aux combats d'illustres funérailles j^

CHANT PREMIER. i4i

Vengeurs de la patrie , il ne daignaient périr Qu'aux yeux de l'univers, et pour le conquérir. Mais vous, héros du meurtre, inhumains par faiblesse. Impatiens d'un mot, d'un geste qui vous blesse. Barbares! vous plongez au cœur de vos amis Ce glaive , réservé pour des flancs ennemis.

O sainte humanité ! par tes soins , par tes larmes , Arrache de leurs mains ces parricides armes. Enfans de la nature, ils osent l'outrager ! A ses yeux, sur son sein, ils courent s'égorger ! Ah ! cruel I entends-la soupirer et te dire : Tu ne saurais créer, oseras-tu détruire !

Tu l'oses! vols le prix dont ton glaive est jaloux! Vois ce corps tout sanglant, tout percé de tes coups. Tu recules d'horreur I ton pied tremblant s'égare; Ton cœur même s'écrie : Ah! qu'as-tu fait, barbare! Où fuir? ton cœur sans cesse accusera ta main : La nature voudrait te bannir de son sein. De ton barbare honneur connais donc l'imposture. Va, le crime commence où cesse la nature! Ose sur ta vertu mieux consulter sa voix. Faux brave, du Brave Homme* admire les exploits. Vois-le, sept fois plongé dans ces flots pleins de rage. Ravir sept malheureux aux horreurs du naufrage; Vois cette humanité, qu'on ne sert pas en vain. D'un obscur matelot faire un mortel divin.

* On se rappelle la belle action du matelot Broussard qui fut surnommé le Bravt Homme.

i42 La nature.

Plus utile à ton roi, plus brave encor peut-être, Quand un flatteur l'aveugle , ose éclairer ton maîti Sauve la vérité du naufrage des cours.

La cabane indigente appelle tes secours ; Verse un or généreux sur ces pâles victimes-; A qui la faim peut-être eût conseillé des crimes. Dans la nature alors tout va rire à tes yeux : Le prix est dans ton cœur: il paie avant les dieux.

( Après la dcscriftion géorgique dei travaux, des exercices et des amusemens journaliers de mon sage champêtre.)

Ainsi d'un cbamp fertile exerçant la culture , Aux sources du bonheur, plongé dans la nature. Il ne soupçonne pas le plus vil de nos maux , L'ennui! Son bonheur pur naît du sein des travaux. Ses longs jours, écoulés loin du dieu d'Épidaure, Semblent braver les maux que déchaîna Pandore: S'il en connut jamais, ce fut par la pitié. Mais que ne charment point l'amour etj'amitié? L'amitié sans langueur, l'amour sans jalousie. Semèrent tour à tour des roses sur sa vie. Son automne ressemble à nos plus doux printemps Il cueille encor des fleurs sur les glaces du temps. Adoré de ses fils, leur riante jeunesse

Est l'honneur de ses jours, Tappui de sa vieillesse. Quand sa dernière aurore enfin brille à ses jeux , Couronné de sa race, il va cliea ses aïeux. A la poudre échappé sans peine il y retombe, Et loin de son berceau n'égare point sa tombe.

Tel est , dompté par l'âge , un chêne aimé des dieux Que jamais n'ont flétri des vents contagieux. Il vieillit; mais du temps la faux inexorable Ne frappe qu'à regret sa tête vénérable. Ses rameaux bienfaisans, même dans leurs débris^ Au temple de la paix serviront de lambris. Caressé des zéphyrs, respecté des tempêtes, Citoyen des hameaux, il protégeait leurs fêtes. Jamais il n'a prêté d'asiles aux forfaits; Il n'est plus , mais il vit encor dans ses bienfaits. Il n'a point profané ses ombres ingénues Autour de ces palais, fiers de tant d'avenues. La colombe y vola sans crainte du vautour. Le m} rte des amans se plaisait alentour. Les nymphes, les pasteurs ont gémi de sa perte. La forêt, qui le plaint, semble veuve et désertp. Le tronc qui reste à peine est encore immortel; Jadis cher à Paies, il en devient l'autel ; Et le voyageur même instruit de sa disgrâce. Du lieu qu'il ombrageait, révère encor l'espace. Tels seront tes destins, ô vieillard fortuné !

Mais tel n'est point le sort d'un tyran couronne. Il meurt; et sa mémoire expire et s'évapore Avec le fol encens du flatteur qui l'adore.

l44 LA NATURE.

Et, même de sa cour, en mourant exilé , Il s'ouvre loin du trône un tombeau reculé : La terre le dév^ore, et n'est plus son empire.

Ainsi du sein des mers disparait un navire. La dryade en p'eurantvit cet audacieux Fuir l'asile ombragé des sapins .ses aïeux. Impatient, il vole, il dédaigne la terre. Un dieu même en ses flancs déposa son tonnerre. Il entraîne avec lui ces mortels égarés Vers les sources de l'or dont ils sont altères. Souveraine des airs, sa voile triomphante Leur promit les trésors que le Potose enfante. Il roulait sur les flots, colosse impérieux. Son corps pressait l'abîme, et sa tète les cieux. Mais quand au jour fatal, ses noires destinées Enveloppent ses mâts, ses voiles consternées, Qu'en vain il lutte encor sur un gouîFre orageux. Où déjà le naufrage étend ses bras hideux. Ni les vœux, ni les cris de ces pâles victimes Dans leur tombe flottante implorant les abîmes , Ni les trésors de l'Inde en son sein renfermés. Ni les foudres des rois, dont ses flancs sont armés. Rien n'a pu l'arracher an goufîre qui l'embrasse. Et l'onde inexorable en absorbe la trace. A peine un vil débris rejeté par les mers Redira son naufrage à de lointains déserts.

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