‹ Œuvres choisies de MarmontelChapitre 125 sur 165 · LIVRÉ XV · texte numérisé non relu

LIVRÉ XV

^s suffrages. youlaât«^on qM timte «oâfl^âliitè «» fût bannie? il fallait éloigner lés troupes^ t% en même temps il fallait écarter te peupk qui venait jusque dans l'assemblée encourager se6 partisans, choisir et marquer ses victimes, et rendre effrayante pour l€s faibles la redoutable épreuve d^ Tappel nominal.

Les orateurs àa peuple faisaient Féloge de sa bonté 9 de son équité natnrelle , et cet éloge était di\ sans doute à une classe de citoyens qui estF^ite de la commune. Mais au-dessous de cette classe ne voyait<m pas ces brigands qui dans Paris naguère avaient saccagé la maison d'un paisible et bon d-* toyen ? et ceux qui , dans l'ettceinte des jardins du Palais^Royal ^ semaient la calomnie et so|ifÛaient la révolte? et ceux qui, àVersailks, avaient vouhi lapider un charitable et pieux archevêque? et ceux qui avaient enlevé aii supplice ui^ fils meurtrier de son père? et ceux qui depuis^ dans Paris, aux portes de l'Hôtel-de-Ville , et à Versailles même , dHAm le palais du roi, odt comtifris tant d'atrocités ? ef ceux qui les ont applaudies après les avoir provoquées , et se sont réjouis en voyant protnener au bout deà lances toutes ces têtes de dtoyens inhumainement massacrés?

C'était donc , disaient les deux ordres qui récla* maient k sûreté commUhe , c'était tlonc uû« dérision cruelle que de coûfondre ainsi le peuple qu'il fallait contenir avec Celui qu'il fallait protéger. Paf Utt gro^star thm d«s ttfàt^, éé la popukMSe on

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faisait le peuple , et de ce peuple la nation que l'on déclarait souveraine.

Les communes demandaient à Paris une garde bourgeoise ; mais, en attendant qu'elle fût organisée , qu'avait d'inquiétant le petit nombre de troupes réglées que le roî y avait fait venir ? Tout y était tranquille depuis leur arrivée ; mais cette police militaire n'était pas du goût des communes. Leurs émissaires ne cessaient d'agiter le Palais- Royal , l'infâme repaire du crime ; ils y attiraient les soldats aux gardes , et les y retenaient la nuit. Ce fut ce que le duc du Châtelet, leur colonel, ne put dissimuler ; il y fit prendre à une heure indue deux de ces soldats vagabonds, et ils furent. conduits à la prison de l'Abbaye; ce fut le signal d'un soulèvement. L'acte le plus commun de l'autorité militaire fut traité d'attentat contre la liberté , et, en moins d'une heure, la prison des deux soldats (qu'on appelait amis du peuple) fut assiégée par vingt mille hommes. Les geôliers ayant fait résistance , on prit des haches et des leviers : les portes furent enfoncées, et tous les prisonniers, même les criminels, s'échappèrent pendant la nuit.

Le lendemain , à l'ouverture de l'assemblée nationale , arrivent à Versailles les députés de cette foule mutinée. Dans leur adresse , qui fut remise au président, il était dit que ces deux malheureuses victimes du despotisme avaient été arrachées de leurs fers ; qu'au bruit des acclamations ils avaient été ramenés au Palais-Royal , où ils étaient sous la

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