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garde du peuple , qui s'en était rendu responsable. «Nous attendons^ ajoutaient-ils, votre réponse, pour rendre le calme à nos concitoyens, et la liberté à nos frères. »
La réponse du président fut qu'en invoquant la clémence du roi , l'assemblée donnerait l'exemple du respect dû à l'autorité royale, et qu'elle conjurait les habitants de Paris de rentrer sûr-le-champ dans l'ordre. Cette réponse faible était au moins sincère et conforme au vœu des communes; car l'assemblée ne savait pas que, parles plus insignes et les plus infâmes brigands, on soulevait la populace, et que cette furie qu'on lui avait inspirée, on l'employait à faire craindre à la cour des soulèvements. L'assemblée elle-même était mue par des ressorts qui lui étaient inconnus. En son nom et par elle on remuait le peuple, par le peuple on la dominait : tel a été le mécanisme de la révolution.
Le roi fut donc supplié, au nom de l'assemblée, de vouloir bien employer au rétablissement de l'ordre les mayeiis infaillibles de la clémence et de la bonté, si naturels à son cœur, et il y consentit sans peine ; mais j avant de céder à un mouvement de bonté , il voulait que l'ordre fut rétabli. Il ne le fut en aucune manière : le peuple , sans remettre les deux soldats dans leur prison, sans renon-cer lui-même à ses attroupements nocturnes, et, en redoublant au contraire de tumulte et de violence, réclama la promesse du roi d'un ton à ne souffrir
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aucun retardement , et il Csillut que kt^ (Ksdpline et que l'autorité royale fléchissent devant sa volonté.
Ce fut alors que les résolutions du conseil parurent prendre quelque énergie; mais la faiblesse ne sort jamais de son caractère qu'à demi d'un pied chancelant, et pour y rentrer plus timide après un inutile effort.
L'aventure des soldats aux gardes, Fesprit d'insubordination que le peuple leur inspirait , l'audace de ce peuple , le ton qu'il avait pris , cette manière de commander en suppliant , cette impatience fougueuse d'obtenir ce qu'il demandait , et ce mérite qu'on lui faisait de s'apaiser après qu'on lui avait obéi, enfin ce caractère de liberté impérieuse et menaçante qu'il annonçait atout propos, avaient été dans les conseils des moyens vivement saisis de faire entendre au roi que le plus grand des maux et pour l'État et pour lui-mém e, serait de laisser mépriser l'autorité qu'il avait en main ,etqu'in£»illiblement on la mépriserait si on la voyait désarmée ; qu'on osait déjà l'attaquer parce qu'elle se montrait faible, et que des forces redoutables lui pouvaient seules obtenir le respect et assurer l'obéissance; qu'il fallait que la multitude tremblât , ou qu'elle fit trembler; que ce n'était paé seulement par des lois que se gouvernaient les États , surtont des États aussi vastes ; que la justice avait bèsote de Tépée et du bouclier ; que la sagesse et l'équité consis^ taient à savoir User et à ne jamais abuser de la forcer que c*était par là que les bons ràis î^e dis-
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f tinguaient des rois faibles et des tyrans ; qu'il eût
I été à souhaiter, sans doute, que la tenue des états
i se fût passée dans une pleine sécurité sans avoir
[; autour d'eux ^aucun appareil militaire ; qu'il en
^ était ainsi dans les pays où le peuple veut bien se
reposer sur la sagesse et la fidélité de ses représentants; qu'il en serait de même en France dès que ! l'ordrte et le calme y seraient rétablis ; mais que
tant que le peuple et la classe du peuple la plus séditieuse et la plus violente viendrait mêler Tin- [ suite et la menace aux délibérations des états-gé*
néraux , la force publique avait droit de s'armer pour le contenir.
« On croit pouvoir , sire , ajoutaient cenx qui demandaient l'usage de Fautorité réprimante , on croit pouvoir apaiser le bas peuple aussi aisément qu'on l'irrite; après qu'on l'aura fait servir au dessein d'une subversion générale dans le royaume , on voudra ramener le tigre dans sa cage et lui faire oublier combien il est terrible quand il veut l'être; il ne sera plus temps; la bêle féroce^ aura connu sa force et la faiblesse d€f ses liens. Que sera-ce surtout « elle a goûté du sang ? elle fera treHibler long-temps peut-être ceux qui auront osé la déchaîner. Apprenez-lui donc à ce peuple^ que ^ dans vos naain6 , il est pour lui encore une justice À redouter.
« Dès te commencement de vôtre règne, sire„ on vous à fait réduire et affaiblir votre maisoti vdilitaii^e ; et vous , qui vous flàttiess de n'dVoit* à
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régner que sur un peuple fidèle et bon , vous avez consenti, dans la droiture de votre cœur, à cette réduction funeste ; mais la discipline etl'obéissance ne sont pas détruites dans vos arngées , et il vous reste encore assez de forces à opposer à l'audace des factieux. Le despotisme serait l'usage de ces forces contre les lois; mais employées à maintenir l'ordre et les lois, elles sont le digne cortège de l'autorité légitime, la sauve-garde de l'État et le soutien de la royauté.
n Si les membres de l'assemblée nationale avaient tous votre loyauté , sire , ils s'accorderaient tous à demander autour du sanctuaire de la législation une barrière impénétrable, inaccessible même, d'un côté pour les troupes , de l'autre pour le peuple , et alors tout serait égaL Mais non , c'est pour laisser à cette populace une pleine licence et une pleine impunité qu'on veut que les troupes s'éloignent. On craint qu'elle ne soit refroidie et intimidée ; on veut qu'elle ose tout sans avoir rien à craindre ; c'est par elle qu'on veut régner. N'avonsnous pas vu que , du centre aux extrémités du royaume , ce nom de liberté , ce nom qui , pour la populace , ne veut dire que la licence , a retenti comme un signal d'insurrection et d'anarchie? La police parmi le peuple , la discipline dans les armées , partout les lois de l'ordre ont été dénoncées comme des restes de servitude. L'indépendance et le mépris de toute espèce d'autorité, voilà ce que présente la face du royaume ; et c'est sur les rui-