‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 121 sur 184 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LES PRÉCEDENS , AGATHE.

FIN TAC

Approche , mon enfant : tu sais ce qui se passe ;

( Avec embarras.)

Et... ce... malheureux accident!

Oui, mon oncle.

FINTAC.

Eh ! dis-moi , de grâce !...

Personne ne sait-il?...

AGATHE

Non , j'en fais le serment.

FINTAC , très vivement.

Hé bien ! mes chers enfans , prouvez-moi votre zèle ; •Que ce fatal secret périsse avec nous trois!

AGATHE

Vos désirs sont pour nous des lois.

CÉUCOUR , à Fintac.

Comptez qu'à tous vos vœux mon cœur sera fidèle.

FINTAC.

Ma nièce : Célicour , par amitié pour moi , Abandonne la poe'sie.

Il veut ta main : je la lui dois Pour prix du goût qu'il sacrifie.

Cf'lICOIjR.

Je vous immole un goût qui , souvent de regrets ,

Vient empoisonner notre vie...

Je sens combien je gagne au marché que je fais. Etre aimé , tous les jours , d'une femme jolie : C est, tous les jours, obtenir un succès.

Entre nous deux partages ta tendresse : A chaque instant je veux la mériter.

Mais songes bien , en épousant ma nièce , Q'envers moi son bonheur pourra seul l'acquitter.

CÉLICOUR.

Je jure que l'aimant sans cesse...

AGATHE

Et mon cœur me répond qu'il tiendrasa promesse...

( Avec finesse. )

J'épouse un auteur plus heureux Dans l'art d'aimer que dans celui d'écrire. On va le regarder, Dieu sait avec quels yeux! J'aurai son cœur ; je les laisserai dire.

Du nom d'homme d'esprit, on se passe fort bien ;

Et, quoiqu'un auteur ordinaire,

On peut encore être bon père ,

Bon époux, et bon citoyen.

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