LES PRÉCÉDENS, GROS-RENE
GROS-RENÉ
Une petite place aussi , sous vot1 bon plaisir ; que je l'y baisions tant seulement son habit, pour l'y témoigner not' satisfact ion. Morgue ! c'est que ça me fait plus de bian qu'eune double récolte.
SAINT- PHAR , l'embrassant.
Approche , mon ami ; viens, viens; tes conseils ont profité, et je t'en remercie.
Jarni ! c'est que vous avais pris le bon parti : not1 jardinerie nous a fait voir ça tout d'un coup. Au lieu d'arracher d'ici-bas deux souches jeunes et bien plantées, vaut mieux, sarpédié, en faire pousser d'autres qui leur ressemblent.
RLAINVILLE.
De petits infortunes de plus!
SAINT-PHAR
Qui seront heureux en profitant de notre exemple. Ma Sophie! ma femme! mes amis! donnezmoi tous votre main... Insensé ! voilà donc ce que je voulais quitter! Le ciel est trop bon, de n'avoir pas exaucé mes vœux indiscrets. Je jure, mes amis, sur ces coeurs que je sens palpiter , de ne plus vivre un seul instant que pour vous. Gros-René, amène tes païens, tes amis... Je veux commencer par faire partager mon bonheur à tous les habitans de ce lieu.
GROS-RENÉ
Comme ils vont vous bénir !... Et ça fait du bian à la santé , les bénédictions des pauvres gens. Monseigneur, tous les jours on envie les riches, mais tous les jours on ne les bénit pas.
SaIST-PHAR.
Ma fille !... ma Sophie !... c'est toi que je prends
pour mon mentor. Dès que tu t'apercevras que
je serai trop sérieux, tu viendras m'embrasser.
SOPHIE
Ah! papa! vous voulez donc me faire désirer de vous revoir triste?
J'avais tort : tu m'embrasseras toutes les fois que je serai gai.
SOPHIE
Oh ! papa ! je crois que je viens de vous voir sourire.
( Elle lui saute au cou. ) SAINT-PHAR.
Mais, dites-moi un peu ce qu'avait cet original de La Roche? Sait-on ce qu'il est devenu?