SCÈNE XL
LES PRECEDENS, LA ROCHE , derrière. LA ROCHE , à part.
J'arrive à temps; on parle de moi.
MADAME DE SAINT-PHAR
Je dois vous avertir que ce n'était qu'un hypocrite.
BL AIN VILLE
Un flatteur.
GROS-RENÉ
Un poltron.
LA ROCHE , à part.
Bon ! ces gens-là n'ont pas envie de me gâter.
SAINT-PHAR , àsafemme.
Vous m'étonnez... êtes-vous sûr ?...
LA ROCHE , paraissant.
Que trop , Monsieur ; et je viens pour tous avouer moi-même mes torts et mon repentir. Je suis né sans fortune , sans talens ; mais , en revanche , avec beaucoup de paresse. J'ai vu qu'un moyen sûr pour réussir , c'était la flatterie... et je vous ai flatté. Triste vous étiez, triste je suis devenu. Vous voilà gai , il ne lient qu'à vous que je le devienne plus que personne ; vous n'avez qu'âme promettre de me garder à votre service.
SAINT-PHAR
J'y consens; mais tache de n'être que sincère. ( A sa femme. ) Vous permettez ?...
MADAME DE SAINT-PHAR
Je sens qu'aujourd'hui je ne puis en vouloir à personne.
LA ROCHE , à Gros René.
Et que diable est-tu venu me conter , toi , avec ton feu au château ?
GROS-RENÉ
Touche là... je t'en devais, je t'ai payé; nous sommes quittes.
SAINT-PHAR
Ce qui t'a tant effrayé , c'était une pension.
LA ROCHE
Oh! Monsieur! je me suis bien rassuré depuis.
Conduis- toi bien , ta fortune est faite. tom. m. a3
GROS-RENÉ, au public.
Encore une bonne action! Messieurs, vous savez à présent la recette. Vous sentais- vqus tristes, avais une brave femme qui vous aime , un ami sage qui vous conseille , une jolie enfant qui vous caresse, un jardinier de bonne himeur. Faites des heureux tous tes jours ; commençais par aujourd'hui , continuais demain , venais nous voir toute la semaine : ça fera que vous n'aurais pas de vapeurs, ni nous non plus.
ou