TOUS DEUX
Cela crie vengeance.
M. DE LERCOUR.
Et cependant , vous aimez votre maître ?
LE VIEUX DOMESTIQUE , vivement.
Je le sers depuis son enfance ; et il est si bon.
LE JEUNE DOMESTIQUE
Un charmant jeune homme d'ailleurs.
LE VIEUX DOMESTIQUE
Généreux , brave ; nous nous ferions tuer pour lui.
LE JEUNE DOMESTIQUE
Mais en attendant , il faut vivre.
M. DE LERCOUR.
Oh ! cela est clair.
LE VIEUX DOMESTIQUE
Et puis , c'est pour son intérêt.
M. DE I.ERCU17R.
Et le vôtre.
LE VIEUX DOMESTIQUE
C'est tout simple.
M. DE LERCOUR.
Tl faut mettre ordre à tout cela.
LE JEUNE DOMESTIQUE
Oui, Monsieur, parlez-lui.
LE VIEUX DOMESTIQUE
Donnez-lui quelques bons conseils.
LE JEUNE DOMESTIQUE
Dites-lui de nous payer nos gages.
M. DE LERCOUR.
Sans doute , c'est par là que je commencerai ; mais en attendant , voilà toujours pour vous faire prendre patience, (illeur donne de l'argent.) Surtout ne lui parlez pas do notre conversation.
LE JEUNE DOMESTIQUE
Vous pouvez y compter ; et , pour vous prouver ma reconnaissance , je vais de ce pas boire à votre santé.
LE VIEUX DOMESTIQUE , le suivant.
Ne courez donc pas si vite , je veux y aller avec vous.