‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 5 sur 184 · BEAUMARCHAIS, MERVILLE · texte numérisé non relu

BEAUMARCHAIS, MERVILLE

MER VILLE

Mon cher Beaumarchais , souvenez-vous que votre famille m'a confié le soin de veiller sur vos jours.

BEAUMARCHAIS, avec sang-froid.

C'est une raison pour que je les ménage. Je sais que Clavico s'est hien montré en plusieurs occasions, que chez lui la légèreté n'exclut pas le courage , et que si je l'exigeais... mais en cette circonstance, le combat doit être la dernière ressource?... Tout français, tout homme offensé sait se battre; ici, il faut savoir se contraindre, forcer un homme perfide à avouer sa faute , et faire retomber sur lui seul la honte dont il a voulu couvrir l'innocence et la vertu.

MERVILLE

A merveille! mais que dira-t-on en France, quand on y apprendra que ce Beaumarchais, qui, jusqu a présent, n'est connu que par son inaltérable gaieté , son imperturbable philosophie ; qui compose à-la-fois un air gracieux, un malin vaudeville , une comédie folle, un drame touchant ; qui brave lespuissans, rit des sots, et s'amuse aux dépens de tout le monde...

BEAU M \RCHAIS, l'interrompant.

On dira que l'amour des lettres, des plaisirs,

COMEDIE. i9

n'exclut point une juste sensibilité dans tout ce qui regarde l'honneur ; oui , mon ami , il est bon de faire voir à certaines gens que le même homme qui eut le bonheur d'amuser par ses ouvrages , par ses talens, sait aussi , quand cela est nécessaire, repousser une offense, et, s'il le faut, même la punir. On vient. . . Asseyez- vous. . . vous serez bientôt au fait.

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