‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 61 sur 184 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE PRÉCÉDENT , MATHILDE , très parée et avec îles

diamans.

MATHILDE , entrant e'totirdiment.

Eh bien ! où sont-ils donc? mon frère et M. Alfred devaient venir me trouver,., qui lésa retenus.

t38 L'AMI CLERVIONT,

( Gravement et avec une révérence. ) OCrait-CC VOUS, M.OII-

sieur ?

M. DE LERCOUR , ironiquement.

Moi , Madame ! oh ! je n'ai pas tant de pouvoir!

MATHILDE

Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus...

M. DE LERCOUR , à demi brusquement.

Oh ! vous le saurez assez tôt. (A part.) Je me possède.

MATHILDE , riant.

Eh! mon Dieu! quel air sombre! quel ton solennel!... Vous m'effrayez.

M. DE LERCOUR , vivement.

Tant pis, ce n'était pas mon intention!...

(Reprenant son ton brusque.) D'ailleurs, je ne Crois pas

que ce soit bien dangereux, chez vous les impressions sont légères! ( A part. ) Prenons garde.

MATHILDE, souriant.

Vous avez contre moi des préventions ; c'est bien mal. { Riant.) Vous me haïssez un peu, convenez-en ?

M. DE LERCOUR.

Vous haïr! non ; (Vivement.) mais, à vous dire le vrai , je ne vous aime pas encore beaucoup, (A part. ) Ma foi c'est parti malgré moi.

MATHILDE , un peu sérieuse.

Que vous ai-je fait?... Ai-je jamais manqué d'égards? peut- on me reprocher quelques torts?

M. DE LERCOUR , se contenant avec peine.

Oh! sur cela , permettez que je...

COMEDIE. i3g

MATHILDE , le caressant.

Mais enfin , ceux que j'ai pu avoir sont-ils donc si graves, si important? •

M. DE LERCOUR, n'y pouvant plus tenir.

Ma foi, si l'on en jugeait par les suites.

MATHILDE , toujours gaiement.

Eh ! quelles sont donc , Monsieur , ces suites si terribles?

M. DE LERCOUR.

On ma fait promettre de ne rien dire , ainsi ne me. questionnez pas.

MATHILDE

Au contraire , je vous prie de vous expliquer tout-à-fait.

M. DE LERCOUR.

Non , non , adieu.

MATHILDE

Je ne vous laisse pas sortir que vous ne m'ayez répondu.

M. DE LERCOUR.

Prenez garde , vous allez me forcer à vous dire des choses...

MATHILDE , impatientée.

Eh! dites, dites-les, Monsieur, ces choses. . .

M. DE LERCOUR.

Yous le voulez , Madame ; ah ! vous le voulez ; c'est malgré moi du moins, mais vous le voulez... et j'y consens... D'abord , cette démission que mon neveu a donnée et que vous avez exigée de lui ; est-ce bien ? là , je m'en rapporte à vous ; ensuite

i4o L'AMI CLERMONT,

la scène vive que cette démarche a occasionnée et qui a pensé... mais je n'ajouterai rien de plus, cela vous affligerait trop.

MATHILDE, très alarmée.

Votre silence est encore plus inquiétant , continuez, de grâce... continuez.

M. DE LERCOUR , emporté malgré lui par son caractère.

Eh bien ! quand vous saurez que votre frère... qu'Alfred ; que tous les deux dans un premier mouvement... non , non , je ne dirai pas un mot de plus, et je vais les chercher; avant tout, je vous enverrai Clermont... c'est lui qui vous expliquera, et s'il m'est échappé quelque chose qui ait pu... songez que c'est vous qui avez voulu... que je n'ai fait qu'obéir... Enfin, vous voilà tranquille , c'est l'essentiel , et je vous quitte.

( Il sort. )

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