ACTE III, SCENE IV. i
suit le même état que le vôtre; il est estimable, vous l'estimez, pourquoi n'aurait-il pas la préférence?
M. DELOMER.
Bon père Dominique, y pensez -vous?... Je vous pardonne.... vous êtes père... mais...
Monsieur, il n'y a pas la moindre tache dans notre famille: nous allons tous la tête levée; vous auriez tort de vous scandaliser de ma demande. Allez , sous cet habit grossier je sais ce que c'est que le monde; il est des préjugés que l'on sacrifie sans peine, pour peu qu'on raisonne... Mon fils a du savoir, de la figure, de l'honnêteté, des mœurs, de l'amour pour l'ordre et le travail; et qui sait jusqu'où ce garçon -là peut aller?... c'est un grain de moutarde qui peut monter bien haut^
M. DELOMER.
Vous avez raison, et je ne songeais pas qu'à commencer dé ce jour, je ne dois pas trouver un si. grand intervalle entre lui et moi... (Ed soupirant.) Ah! quel joUr ! quel jour!... Mais, dites-moi la. vérité, est-ce de son consentement que vous me déclarez ses sentimens? vous n'êtes pas fait pour vous avilir jusqu'au mensonge.
DOMINIQUE PÈRE
Il s'agirait de sa vie que je ne mentirais pas; la
X. Cette comparaison si naturelle et si comique, prise dans le métier de vinaigrier, est une bonne fortune pour Fauteur, et Thilarité qu*excite un trait pareil, est une cause de triomphe pour la pièce. L'à-propos est ti'ès heureux.
• i84 LA BROUETTE DU VINAIGMER.
démarche que je fais n'est point de son aveu. Il est aussi éloigné d'en attendre le succès, que j'en suis, moi, plein de confiance.