SCÈNE IV
M. DELOMER, DOMINIQUE père.
DOMINIQUE PÈRE, s'approchant à VoreiUe de M. Delomer.
Oui, monsieur, c'est moi qui viens vous offrir un parti pour mademoiselle votre fille, entendez -vous? cette chère enfant est si aimable, si bonne...
Vous, père Dominique! Voilà qui est neuf; qui peut vous avoir chargé?...
DOMIXriQUE PÈRE.
Je parle au nom d'un jeune homme dont la fa-r mille et les mœurs vous sont bien connues...
M. DELOMER.
Bon!
DOMINIQUE PÈRE
Oh, pour ce jeune homme là, il aime la demoiselle, il l'aime bien sincèrement... le respect est le fondement de cet amour, car il le rend timide et muet... je parle ici pour lui... il la prendrait pauvre comme riche.... eh bien! n'est-ce pas là de la vraie tendresse?...
M. DELOMER.
Achevez, quel est- il, ce jeune homme?
DOMIlSViQUE PÈRE, arec fermeté.
C'est mon fils...
M. DELOMER.
Votre fils!...
DOMIiriQUE PÈRE. ^
Oui, monsieur, mon fils...
M. DELOMER.
Certes, je ne m'y attendais pas... Comment! lui, à qui je m'ouvre tout entier, il aurait pu former de secrètes prétentions ! il vous aurait chargé...
DOMINIQUE PÈRE
II ne m'a chargé de rien... C'est moi qui veux cela.... Avez- vous pris garde comme il s'est enfui lorsqu'il a vu que je voulais vous parler?... Loin d'avoir nourri le moindre espoir, il sèche secrètement de chagrin, tantôt demandant à voyager, et tantôt ne le voulant plus... Il est nuit et jour dans l'état le plus tourmentant, et moi, je n'ai appris qu'aujourd'hui le supplice de ce pauvre garçon, car vous m'auriez vu plus tôt... Tenez, si ce matin je ne lui eusse serré le bouton, il se serait laissé mourir de consomption, sans que nous sussions pourquoi.
M. ^ELOMER.
Vous me surprenez; je n'aurais jamais soupçonné...
DOMINIQUE PÈRE
Je me suis dit: puisqu'il l'aime si fort, il ne peut que la rendre heureuse, et être heureux lui-même... Vous connaissez son cœur, son esprit, ses talens; il