ACTE I, SCENE VII. aSg
DORTIGNI, en retournant à sa place.
Allons, monsieur, l'on verra... Je parlerai, je vous le promets. Repassez, repassez...
VAWGLENNE.
Vous parierez pour moi? Vous me permettez de repasser?
DORTIGNI.
Je ferai l'impossible, je remuerai ciel et terre; et, s'il se présente quelque chose, on vous le fera dire.
VANGLENNE.
Vous remuerez ciel et terre!... Mais il faut, pour cela, monsieur, que vous sachiez ma demeure.
DORTIGNI.
Ah!... oui... oui... Eh bien! votre demeure?
Rue de la Huchette, au Cadran bleu.
MADAME DORTIGNI.
Rue de la Huchette ! Quelle horreur ! Peut-on demeurer rue de la Huchette! (A part.) Il ne s'en ira pas.
VANGLENNE.
Voulez- VOUS que je vous l'écrive, de peur que votre mémoire?...
DORTIGNI.
Non, je la retiendrai très bien.
VANGLENNE.
Vous la retiendrez, malgré vos grandes, vos importantes affaires?
a4o L'HABITANT DE LA GUADELOUPE.
DORTIGNl.
Oui... oui... oui...
VANGLEWWE.
Allons , je cesse de vous importuner.
( Il saine comme pour s'en aller. ) MADAME DORTIGNl.
Enfin nous en voilà quittes. II revient... Ah! quel supplice! Je n'y tiens plus.
VANGLENNE^ reyenant sur ses pas.
Mais, monsieur, avant de sortir, j'ai une chose à vous demander, et que vous pouvez du moins m'accorder sur le champ.
DORTIGNl, avec humeur.
Point de préambule, monsieur; voyons... de grâce, finissons.
VANGLENNE.
Donnez - moi , je vous en supplie, l'adresse de ma cousine, de votre chère sœur, que j'ai vue enfant, et qui semblait dès lors douée d'un cœur noble et compatissant.
DORTIGNl.
Il y a long-temps qu'on ne l'a vue ici , monsieur : elle ne cultive point ses parens, elle vit singulièrement... D'ailleurs, que pouvez -vous attendre d'elle? Elle mène une vie fort obscure; isolée, veuve, ayant deux enfans sur les bras....
VANGLENNE, avec intérêt.
Elle a deux enfans? Ah! tant mieux.