‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 152 sur 272 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

supportable. Le ciel de l'Amérique n'eut plus d'attraits pour moi. L'amour de la patrie parla à mon cœur, je résolus de repasser en France. Hélas! madame, les côtes d'Espagne furent témoins de mon naufrage.

MADAME MILYILLE.

Vous perdîtes tout, mon cher cousin?

VANGLENNE.

Tout, ma chère cousine, et sans ressource. Forcé de faire à pied le voyage, vous jugez... Mais j'ai appris de votre généreux père, que la fermeté et la constance doivent être les premières vertus d'un homme; et je saurai supporter le malheur.

MADAME MILVILLEt

Écoutez , mon cher cousin : j'ai essuyé aussi des revers , et je suis pauvre ; mais je ne le suis pas tellement, que je ne puisse partager quelque chose avec un parent plus infortuné que moi.

VANGLENNE.

Ah! madame!

MADAME MILVILLE.

Si vous voulez vous contenter d'un repas frugal , tel que je le prends avec ma petite famille et cette compagne, ou plutôt cette amie que vous avez vue, vous serez toujours ici le bien venu, jusqu'à ce que vous trouviez mieux.

VAWGLEBTNE.

Que vous êtes compatissante !

26o L'HABITANT DE LA GUADELOUPE.

MADAME MILVILLE.

Je vois très peu de inonde, je ne sors presque jamais; mais j'irai, je ferai tous mes efforts pour vous servir. Je parlerai en votre faveur à quelques personnes de connaissance, capables de vous rendre service et de vous procurer de l'emploi. Quoique timide, je me sens décidée, et même hardie, quand j'intercède pour autrui.

VAWGLENWE.

Vous me rendez l'espérance et la vie!

MADAME MTLVILLE.

Mais VOUS êtes venu me chercher dans un quartier assez éloigné..... Voudriez - vous accepter mon déjeuner?

, VANGLENNE, virement.

Volontieris., madame; car j'ai beaucoup couru, et je suis à jeun.

MADAME MILVILLE.

Vous êtçs à jeun! (Élevant u voix.) Brigitte !

Page 1