MA.DA.ME MILVILLE
Qu'a-t-il répondu?... Qu'a-t-il fait?... (Après un silence.)
Ciel! mon frère!...
VA.NGLEWWE.
Votre frère, madame, paraît occupé de grandes et importantes affaires. Il s'est avancé dans les postes lucratifs de la finance ; c'est une occupation profonde, et qui l'absorbe tout entier... Il a été un peu distrait... Votre belle -sœur est une dame opulente, qui paraît jouir de son état... Ils sont plus qu'aisés , j.e pense.
MA.DAME MILVILLE.
Quoi! mon frère n'a rien fait pour vous? Est -il possible! Rien?
VANGLEWNE.
Non, madame... Je n'en murmure point... Chacun , après tout, est propriétaire de son bien, et maître de ce qu'il possède.
MADAME MILVILLE.
Pas toujours, mon cher cousin, pas toujours. Il y a des dettes sacrées... Je suis bien sûre que vous m'entendez, et qu'à sa place...
VANGLENNE.
J'aurais pu, à sa place... Mais il ne me devait rien... J'ai cherché néanmoins à ménager sa délicatesse, en ne m'introduisant pas sous mon vrai nom, dans la crainte de le blesser, à raison de mon vêtement... je ne rougis pas de le dire devant vous... je n'ai que celui-là... Vous voyez que je n'ai pu m'offrir autre-
ment. S'il m'avait présenté quelque secours, je l'eusse accepté.
MADAME MILVILLE, àvoixbasse.
Ah ! mon frère ! mon frère !
VAWGLEWNE.
Cette faveur du ciel, je vous le confesse, serait venue fort à propos... Depuis dix jours j'ai beaucoup dépensé, et me vois actuellement dans le plus grand embarras. Heureusement les personnes chez qui je loge sont d'honnêtes gens, et qui m'ont promis d'attendre.