‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 164 sur 272 · ACTE II, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE X

.MADAME DORTIGNI.

Cela ne d^urait pas être toléré, ma sœur; car, si cette méthode s'introduisait une fois dans le monde, on ne saurait bientôt plus à qui l'on doit certains égards.

MADAME MILYILLE.

On prendrait le parti, alors, d'en avoir pour tout le monde.

MADAME DORTI6NI.

« Cela est bien philosophiquement dit, ma sœur; «mais il y a dans la société des rangs, des classes, « une subordination nécessaire y vous en conviendrez.

MADAME MILVILLE.

c( Je ne prétends point dire le contraire. »

MADAME DORTIGNÏ.

Ah çà, ma chère sœur, vous avé2 tout crédit sur son esprit; vous êtes bonne, vous êtes éloquente.... Faites ma paix.

MADAME MILVILLE.

J'y travaillerai assurément de tout mon cœur.

MADAME DORTIGNI.

S'il eût dit un mot de son état, nous l'aurions reçu à bras ouverts. Attendez; il faudrait lui dire que tout cela n'a été qu'un jeu, et que, le connaissant riche, nous avons voulu... aussi... de notre côté... jouer la comédie... Qu'en dites- vous?

MADAME MILVILLE.

Cela ne prendrait pas.

ayS L'HABITANT DE LA GUADELOUPE.

MADAME DORTIGNI.

Ah! cela ne prendrait pas... Eh biei^dites-lui que mon mari avait la tête fort occupée d'affaires; qu'il l'a saisi dans un de ces mauvais quarts d'heure où l'on brusque tout ce qui nous approche; que moi, j'avais grondé mes gens à mon lever, et que l'impression m'en était demeurée. Ajoutez, chère sœur, que les hommes qui ont des bureaux, sont tristes le matin, et qu'on, ne rit à Paris que le soir.

MADAME MILVILLE.

le VOUS promets d'employer et les raisons et les prières, pour que le passé soit enseveli dans le silence.

MADAME DORTIGNI.

Je compte aller ce soir lui demander à souper. Il verra bien alors que je n'ai pas voulu lui manquer. Quand ce ne serait que son extrême générosité envers vous, ce parent me deviendrait cher. (Seiewtot.) Ménagez -vous bien, prenez soin de votre santé, je vous en conjure. Et les chers enfans? Ils s'amusent. L'heureux âge! où l'on est sans souci, sans inquiétude. Vous les embrasserez bien pour moi. Ne prenez pas ceci pour une visite de cérémonie ; point du tout, c'est une visite de bonne et franche amitié. Depuis un mois, je guettais l'instant d'être libre. Adieu, adieu. Ne bougez pas; l'air est froid... Nous nous reverrons. (En la baisant.) AdicU. NoUS alloUS UOUS Voir

fréquemment, c'est une chose arrêtée.

( Elle sort, et madame Mil^ille rentre dans Tautre pièGe. )

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