ACTE III, SCENE III
MULSON.
Je le crois. Vous venez jouir ici de votre félicité au milieu de vos parens ? J'ai à vous porter les salutations , les excuses , les respects de deux personnes qui vous sont liées par les nœuds du sang, et de plus fort attachées.
VAWGLENNB.
Et qui donc, s'il vous plaît?
MULSON.
Monsieur et madame Dortigni. Honnêtes g6iis, braves gens au fond. Je suis un de leurs principaux agens.
VANGIiENITE.
C'est donc vous qui leur avez dit que j'étais ici?
MULSorr.
Eh! monsieur, j'ai eu l'honneur de vous reconnaître au premier coup d'œil,à l'instant oit ^ vous sortiez de chez eux. Vous n'êtes pas de ces hommes qui ne laissent dans la mémoire qu'une faible impression. Malgré l'habit que vous portiez, je vous ai recoilftu. Votre crédit... '
VANGLENNK.
Mon crédit!.... ( Montrant madame MUyaie.) CoUUaisSCZ-
vous madame?
( Madame Milnlle se lève. ) MULSON, saluant.
Je n'ai pas cet honneur.
VANGLEWNE.
Comment! vous ne connaissez point madame? Mais
a84 LHABITANT DE LA GUADELOUPE.
vous fréquentez cependant la maison de madame Dortigni ?
II U L s G N.
Depuis quatre ans j'ai cet avantage, et presque tous les jours. J'y mange fréquemment.
VANGLEICNE.
Et vous ne connaissiez pas madame ?
MULSON.
Non, monsieur. Je ne me rappelle pas avoir vu madame.
VANGLENNE.
C'est sa sœur.
MCLSOir, étonné.
Quoi ! M. Dortigni a une sœur? Madame, permettez que je vous présente mon respect.
VANGLENBTE.
Présentement, monsieur l'ambassadeur, achevez votre message.
( Madame MilTÎlle se rassied. ) MULSON.
Je suis un peu interdit... Je sais tout ce qui s'est passé : ils ont eu quelques torts avec vous.
VANGLENNE.
Quelques torts ! vous êtes très bien informé.
MULSON.
Mais ce sont au fond d'honnêtes personnes , fort affables, dont j'ai lieu, moi, d'être satisfait. Comme vous êtes d'un caractère facile et généreux, vous oublierez quelques petites inadvertances.