ACTE III, SCÈNE V
VANGLENNE.
Il y a quelques bons ouvrages dans ce cas là;
mais, enfin, il se trouve un admirateur qui décide
pour son compte. Voyons donc, (n lit.)
Ah ! mon habit, que je vous remercie !
Je ne me lasse point d'admirer ce début, cette, exclamation pleine de vérité et de sel.
Ah ! mon habit, que je vous remercie !
Que je vaux aujourd'hui, grâce à votre valeur!
DORTIGNI.
Vaux^y valeur \ C'est un pléonasme.
VAWGLENNE.
$oit.
Je me connais; et, plus je m'apprécie, Plus j'entrevois qu'il faut que mon tailleur. Par une secrète magie,
Ait caché dans vos plis un talisman vainqueur.
Capable de gagner et l'esprit et le coeur.
Qu'en dites-vous, Monsieur l'aristarque? Voyons, exercez toute votre adresse. Je vous devine : gagner n'est peut-être pas le terme propre : un habit ne gagne point les cœurs. Amadouer serait le mot; mais je soupçonne que gagner j qu'en pensez- vous ? devient un trait ironique. Continuons.
Dans ce cercle nombreux de bonne compagnie, Quels honneurs je reçus! quels égards! quel accueil! Auprès de la maîtresse, et dans un grand fauteuil...
Dans un gmnd fauteuil à bras. On le voit...
Je ne vis que des yeux toujours prêts à sourire.
Toujours prêts à sourire! Gela est d'une expression vivante. Des yeux qui mentaient d'ailleurs
Qu'importe ? Le poète peint des dehors.
J'eus le droit d'y parler, et parler sans rien dii^e.
DORTIGNI.
Parler sans rien dire !
VANGLENNE.
Parler sans rien dire ! Il y avait de quoi parler cependant ; et il parlait probablement. Mais tel s'endurcit le cœur et les oreilles, cela revient au même.
Cette femme à grand falbala...
( U rit. )
Ah, ah, ah ! je ne puis m'empêcher de rire.
Cette femme à grand falbala, Me consulta sur l'air de son visage.
Je passe quelques vers.
Ce que je décidai fut le nec plus ultra :
On applaudit à tout; j'avais tant de génie !
(11 ëternue, tous saluent; il se lève, prend la basque de son habit, et la
baise en disant : )
Ah! mon habit, que je vous remercie!
C'est vous qui me valez cela.
Ce qu'une liaison dès l'enfance établie.
Ma probité, mes mœurs, que rien ne dérégla,