‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 185 sur 272 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

iV10JLiJbji\jli^ assis devant une table , la plume à la main.

i^OMBiEwla carrière de l'homme de lettres est en- !

core rétrécie par les usages tyranniques auxquels on j

veut lassujétir! On attend de lui de nouveaux ouvrages, et on le subordonne à toutes les misères des sociétés! On veut qu'il représente dans le monde, et qu'il compose au cabinet; c'est à dire que l'on exige tout à la fois qu'il soit auteur et homme oisif, deux

choses incompatibles Quand je ne voudrais pas

écrire, le genre humain m'y forcerait par ses extravagances... Il me faut rêver à mon Malade imaginaire^ ^

I . Ce n'est que plus de dix ans après Taction de la présente pièce, c'est à dire , quelque tems avant sa mort, que Molière s'occupa du Malade imaginaire.

3ao LA MAISON DE MOUÈRE.

à mon Envieux y à mon Homme de Cour^.,» Oh!

je garcte celui-ci pour le dernier... Si la mort ne me surprend point , on verra un miroir... Il est des choses que Ton pense quelquefois trop fortement pour pouvoir les écrire , et ce sont celles-là qui sont ordinsdrement perdues pour la postérité. J'oserai dire* ce qu'on n'a pas encore dit ! Il faut pour cela du courage. Oh! j'en ai. Une voix secrète me dit que je dois livrer la guerre aux vices *. Toujours libre et maître de ma pensée... Le silence me favorise... Voici le vrai temps de la méditation. Revoyons mon plan , car c'est du

plan surtout que dépend tout le reste Ah ! j'allais

oublier... j'ai trouvé pour ma chère traduction, une image heureuse qui rend bien mieux... (u cherche dans

ses papiers.) OÙ douc cst mou cahicr. ? Il était là

Je ne le trouve point, (n appeUe.) Lesbin, Lesbin, Lesbin!... Ce drôle là est fait pour tourmenter ma vie... Lesbin, Lesbin, Lesbin!

1. Les Mémoires que nous avons sur Molière ne disent pas qu'il ait jamais pensé à faire ces deux pièces. Cest une supposition de Fauteur, màu elle peut passer dans une comédie dont Molière est le héros.

2. Molière voyait bien les ridicules, il était excellent observateur; 'mais d n*a jamais eu la prétention de réformer les mœurs, de corriger les vices; il en a favorisé plusieurs f et n'en a corrigé aucun, pas même lliypoerisie, malgré son Tartufe. (Geof.)

Page 1