ACTE I, SCÈNE X
MOLliiRE.
Aussi, madame, le mariage me fait peur.
LA. BEJART.
C'est là un autre tort Le lien ne doit pas vous
épouvanter, mais bien le choix. A quoi vous sert cette raison que vous déposez dans vos ouvrages, si elle ne vous apprend pas à discerner les cœurs qui vous sont vraiment attachés?... Égaré par une fantaisie passagère, vous pounûez faire une folie qui serait le malheur de toute votre vie : prenez -y garde. Ce conseil que je vous donne est dicté par le désir de vous voir heureux : je sais mieux que vous peut-être ce qu'il vous faudrait ^
MOLIÈRE
Eh bien! madame, lorsqu'il s'agira de faire un choix, je vous consulterai.
LA BEJART.
Vous n'aurez jamais à vous repentir de m'avoir écoutée.
MOLIÈRE
J'en suis convaincu : plus on avance dans la vie , plus on est en état d'apprendre aux autres l'art de vivre.
LA BEJART, piquée.
Il ne s'agit point ici de la prudence que donne le nom-
I. Quoique ce soit la jalousie ou Tiutérét personnel qui anime ici la Béjart, ses conseils n'en sont pas moins bons, et Molière eût bien fsâi de les suivre; il n'éprouva que trop, après, la vérité du pronostic.
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bre des années; Molière, beaucoup d'hommes avancent en âge, sai» devenir plus sages ni phis prudens.
:MOLlÈR£.
J'aime ce trait d'enjouement, il me Ëiit sortir du sérieux où je tombais... (Avec exclamation.) Ah ! madame, voici notre cher I^thorillière.