‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 197 sur 272 · MOLIÈRE, LA BÉJART · texte numérisé non relu

MOLIÈRE, LA BÉJART

LA BÉJART

Mais avez-vous entendu comme elle répond?

MOLIÈRE

Faites -lui grâce, madame : pourquoi voulez -vous aussi m'ôter la gloire de la former à la déclamation ?

LA BÉJART

Vous commencez à la regarder avec trop de tendresse.

MOLIÈRE

Je l'aimai dès son enfance.

LA BÉJART

Votre conduite avec elle a pris un nouveau caractère... Allons, soyez franc; et si vous l'aimez en galant homme, déclarez-le à sa mère*.

1. Dans la pièce de Goldoni, Isabelle dit : « Ce que Molière m'apprend , » TOUS ne sauriez me l'apprendre. » Ce qui a plus de sel que la réponse qu'elle fait ici.

2. C'est par une de ces nombreuses en'eurs historiques si accréditées que la Béjart est domiée ici comme mère d'Isabelle. La vérité est que la jeune Béjart , qui épousa Molière, était la sœur et non la fille de Magdeleine Béjart ,

MOLi:ÈRE, à part.

Quelle ruse de femme!... (Haut.) Moi, vous le savez, je la vois, je la chéris, je la traite en père.

LA BEJART.

Si vous la chérissez, pourquoi tardez-vous à lui assurer un sort?

MOLIERE, vivement .

Vous voulez la marier, madame?

LA BÉJART

Non , elle est trop jeune.

MOLIÈRE

Je crois qu'elle est dans l'âge où l'on peut accepter un époux... Je l'établirai... Que puis-je faire de plus?

LA BEJART.

Mais vous pourriez lui servir de père.

MOLIÈRE

C'est bien là mon dessein... Nommez-moi celui qui pourrait lui convenir.

LA BEJART.

Molière, vous ne voulez pas m'entendre.... Gardezvous de la première jeunesse. Il vous faut, croyez-moi, une femme qui ne soit pas un enfant ; une femme sensée, qui vous apporte dot de fidélité, de tendresse et de flexibilité dans l'humeur : vous n'êtes pas un homme

aisé à vivre.

amie de Molière. On doit cette découverte précieuse à M. Beffara, qui a publié Facte de mariage de Molière, où cette vérité est constatée authentiqnement.

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