ACTE III, SCENE IX. 38i
PIRLON, à part.
Mon accusation a réussi, bon! (Haut.) Je vous l'avais bien dit qu'il ferait une mauvaise fin... Voilà ce que l'on gagne à calomnier les gens de bien... la prison...
LA FOREST
Puis notre congé est venu ; j'avions fait tout ce qu'il fallait pour cela : rien ne nous empêche à présent d'entrer dans cette sainte maison , où l'on gagne de si bons gages:
PIRLOW.
Eh bien! à tantôt... tantôt... ma fille... Mon Dieu!
je crains... . (n regarde à la porte. )
LA FOREST, d'une voix haute.
Parlez haut, parlez sans crainte... Tout le monde est dehors, vous dis-je.
P I R L O N , après s'être assis»
Tout le monde est dehors?
LA FOREST
Oui ; nous sommes tous deux seuls dans la maison.
PIRLON.
Seuls? Asseyez-vous près de moi.... prenez ce siège.
LA FOREST
Oh ! cela ne nous appartient point , monsieur.
PIRLON.
Obéissance , ma fille , obéissance ; c'est là votre premier devoir... Approchez, approchez encore; encore. Quelle chaleur il fait aujourd'hui! (ii s'essuie ic
frout. )
LA FOREST
Mais pardi! ÔteZ votre chapeau. (Elle prend son chapeau et rattache à sa chaise.) Ah! COmme Ça VOUS êtCS HlicU;!...
On vous voit le front et les yeux...
PIRLON, riant.
J'ai donc meilleure mine comme cela ?
LA FOREST
Sans comparaison, vraiment... Vos yeux ne sont plus cachés... Diantre, comme ils brillont vos yeux! En vérité, si j'osons vous le dire, je ne voyons qu'à vous cet air de santé.
PIRLON.
Ceux qui vivent pieusement se portent toujours bien.
LA FOREST
Cependant je vous trouvons un peu rouge... qu'avez- vous ?
PIRLOW.
• Il fait une chaleur pour la saison...
LA FOREST, vivement.
Que n'otez-vous aussi ce lourd manteau de dessus vos épaules...
P I R L O N , se défendant.
Non, non.
LA FOREST, lai arrachant le mantean.
Mais vous serez bien plus à votre aise : les hommes sont bien gauches, en vérité; ils ne savent point s'arranger. Demandez -moi à quoi bon porter un manteau qui déguise une aussi belle taille?.... On ne la