‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 266 sur 272 · MOLIÈRE, ISABELLE, LA BÉJART · texte numérisé non relu

MOLIÈRE, ISABELLE, LA BÉJART

LA BEJART, entrant furieuse.

( A sa fille. ) Tu m'échappcs ! ( a Molière. ) Et toi , traître , tu m'enlèves ma fille , et tu vantes encore ta probité!... homme indigne de toute confiance ! fais la satire des méchans pour mieux les imiter; ils sont tes modèles ; tu ne les a étudiés que pour leur ressembler!,.. Séducteur de ma fille, et par de lâches artifices...

MOLIÈRE

Je ne l'ai point séduite, madame, et j'en suis in-

I. On voit que Tauteur a voulu rendre Molière très moral et très sévère dans sa conduite, ce qui ne cadre pourtant guère avec Tardente passion qu'il a montrée jusqu*à présent. Un amant qui allègue, à celle qu'il aime, ses devoirs, est un personnage bien froid à la scène. Quel rôle, d'ailleurs, Isabelle joue-t-elle ici? Peut -on croire qu'elle ait vraiment un amour si enthousiaste pour un homme qui a vingt-cinq ans de plus qu'elle .' U y avait originairement dans la pièce, de longs discours de tendresse, des dé veloppemens romanesques, des détails de seutimens à n'en pas finir; l'auteur avait suivi son original trop fidèlement ; il avait transporté , dans sa comédie , toutes les longueurs de l'auteur italien. Rien n'est plus fastidieux à lire, dans Goldoni, que ces entretiens déclamatoires et romanesques, que tout ce verbiage de sentiment qui ne Sût que ralentir l'action. Molière amoureux comme un jouvenceau n'est pas un sujet très intéressant; il est trop exposé au ridicule pour que l'on n'abrège pas la situation o^ l'on est obligé de le représenter ainsi.

4o8 LA MAISON DE MOLIÈRE.

capable ^ Elle fuyait vos mauvais traitemens, votre violence; vous l'avez poussée à cette extrémité, mais elle est aussi en sûreté avec moi qu'avec vous-même.

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