DE LYS, CHARLOTTE
D E LYS 9 allant à la chambre.
Venez donc, ma belle enfant, venez De quoi
avez- vous peur?
CHARLOTTE, voulant rouvrir la porte.
Monsieur, pardonnez-moi On me dit que mon
frère est ici... Mon frère n'y est pas... On me trompe...
Eh bien, votre frère... Il ne fait que de sortir... Il va rentrer, attendez-le une minute.
GHA IV LOTTE, sWforçant toujours d'ouvrir.
Monsieur, je l'attendrai au logis, s'il vous plaît
Mais cette porte, cette porte, s'est fermée.
DE LYS, souriant.
Oh! nos portes ne s'ouvrent pas comme cela; il y
a un petit ressort invisible Mais craignez-vous de
rester un moment avec moi? J'ai tant de choses à vous dire.
CHARLOTTE, prenant un ton gra^e et imposant', dans lequel ou
entreiroit cependant un peu de timidité.
Non, monsieur, je ne crains rien, vous pouvez dire ce que vous me voulez.
DE LYS, lui prenant les mains qu^elle retire.
Beaucoup , beaucoup de bien Mais il faut nous
asseoir... Qu'avez-vous à regarder toujours à la porte?...
Vous dites n'avoir pas peur Ah! la fausse brave?
Ces petites mains-là sont toutes tremblantes... Asseyezvous... Nous parlerons ensemble.
(II lui présente un fauteuiL) . . CHARLOTTE.
MoGlsiettr , lious avons coutume de parler debout.
Ah! charmaEttte mutiné! Alloïis, à votre fantaisie... Oh çà, dites-t-moi; reigardez bien ce bel appartem^ènt, ces meubles y ces trumeaux; n'aimeriez -vous pas def loger dans un appartement semblable; d'avoir de belles robes y des bijoux, et de vous mirer dans ces grandes glaces? Tout ceci n'est-il pas bien délicieux, bien désirable, et tout ce qui s'ensuit?... Des domestiques, une bonne table, un carrosse... Oh! un carrosse roulant : pour celui-là, c'est un grand plaisir, n'est-il pas vrai?
GHARLÔTtBi
Je ne devine pas encore ce que monsieur veut dire.
DE ïAé.
Mâî6 en effet; il ii'est pas facile de ie l'imaginer:.. Écoutez; si l'on voulait tout à l'heure vous doiifler