ACTE IV, SCÈNE III
vôtts iiriptorer, vous révéler notre triste swt... Je viens... Ah! mes idées se troublent...
LE NOTAIRE
Pourquoi hésitez-vous ? Il ne faut jamais trembler comme cela devant votre semblable, dont le devoir est, dans tous les temps, de vous écouter et de vous être utile..,. Je vous respecte, car vous me paraissez un bien digne homme.
H E M I , se levant et tendant les bras vers Ini.
. Sans argent Nous n'avons rien à vous doiftier,
monsieur, et je ne sais comment m'y prendre pour vous prier de protéger leur mariage. Je demande seulement qu'ils puissent être unis : car, quant à la vie, ils sont laborieux et sobres, ils auront toujours du pain ; et la Providence qui les a aidés jusqu'ici , daignera peut-être les favoriser dav^iltage.
LE NOTAIRE
Je vous Ibûe, et vous avez raison de peûser âihsi. Oui, sans doute, je veux les voir unis. Moh cœur même en éprouve une joie liecrète : ce qui concerne mon ministère, sera bientôt fait, et je ne demande rien pour l'heureux pouvoir de l'exercer.
( Geste muet entre Joseph et Gharlotue. ) REMI.
Hélas! monsieur, que de bonté! Cependant ils peuvent concevoir des espérances, voilà pourquoi je désite que le contrat se fasse; car le père de cet enfant.... Vous saurez tout.... Mais on m'a dit qu'il y
8o L'INDIGENT.
aurait quelques difficultés : l'une est ma nièce, l'autre mon fils... Je voudrais savoir...
LE NOTAIRE; d'un ton sérieux.
Cousins-germains!... Il est vrai... c'est un obstacle.
JOSEPH
Un obstacle!... Je suis perdu!... Ah Charlotte!
LE NOTAIRE
Ne vous alarmez point. Quoique, par le concile de Trente, il soit défendu d'accorder des dispenses pour les mariages des cousins-germains, si ce n'est à de grands princes et pour des raisons d'Etat, d'autres raisons font qu'on en accorde depuis long-temps à tous ceux qui les demandent; ainsi avec un peu de temps et un peu d'argent, on aura plein pouvoir.
JOSEPH, à Charlotte.
On aura plein pouvoir.
LE NOTAIRE
J'avancerai cettesomme. Ils me paraissent trop bien assortis pour les laisser languir.
REMI
Ah! monsieur... Votre générosité...
LE NOTAIRE, la plume en main.
Quel est votre état?
REMI
Je vivais du labourage.
LE NOTAIRE, avec âme.
Bon, si vous saviez combien j'honore, combien je chéris les agriculteurs !