SCENE PREMIERE
M. JULLEFORT, M. DU SAPHIR.
(M. Jullefort entre comme M. du Saphir sort; ils se croisent d'abord au milieu du théâtre , et ne se reconnaissent qu'après s*étre salués. )
y M. JULLEFORT.
Jljh! c'est vous, monsieur du Saphir?
M. DtT SAPHIR.
Monsieur, bien charmé de la rencontre; elle est heureuse; je suis toujours tout à votre service; je vous ai les plus grandes obligations et ma reconnaissance...
M. JULLEFORT.
Vous avez un teint de rubis... La femme, les enfans, le commerce , comment tout cela va-t-il ?
M. DU SAPHIR
Le bijou ne va pas mal, si l'on était payé... et vous, monsieur, à propos, pas encore marié? J'attends après vous; car j'espère bien que ce ne sera pas un autre que moi qui aura l'honneur de vous servir... J'ai toujours en réserve cet écrin que vous m'aviez demandé pour cette veuve.
M. JULLEFORT, se retournant , alarmé.
Paix donc ! paix ! parlez doucement.
M. DU SAPHIR
Pourquoi donc?
M. JULLEFORT.
De la discrétion , monsieur du Saphir ! Je ne veux
pas que l'on sache ici que j'ai manqué ce mariage
Mais connaissez- vous bien cette maison ?
M. DU SAPHIR
Si je la connais! c'est mon père en personne qui a eu l'honneur de percer les oreilles à feu madame Delomer, le jour de ses fiançailles. Nous avons toujours eu depuis la pratique de la maison. Demandez à M. Delomer ce que nous sommes.
M. JULLEFORT.
Et si je vous demandais à vous ce qu'il est. (a voix basse.) Là, dites-moi en bon ami, n'est-il jamais gêné? paie-t-il bien? cela va-t-il rondement?
M. DU SAPHIR
Oh! oui; jamais de crédit. J'ai beau lui dire; à votre aise, monsieur; toujours solde de compte aussitôt la marchandise livrée.