ACTE II, SCENE III. i
connu que dans ce moment: je vous devrai ma vertu; oui, je m'en rapporte à vous... Il me reste encore une lueur d'espérance; M. Jullefort, mon gendre, est riche, il aime ma fille; il m'aidera sûrement.
DOMINIQUE FILS
Il peut se rendre doublement heureux, et goûter un nouveau bonheur, en vous offrant l'appui de sa fortune... Que d'avantages pour lui !
M. DELOMER.
Je le crois bon ami; et nous allons l'admettre à notre confidence; le titre qu'il va porter l'engagera à prendre nos intérêts. Cet aveu, je l'avoue, va me coûter à lui faire : il faut que je lui dise que je suis forcé d'employer la plus grande partie de la dot au paiement de mes créanciers... Mais il ne perdra rien par la suite...
MADEMOISELLE DELOMER.
Hé bien! souffrez que je vous épargne cet aveu; il l'entendra de ma bouche; il le recevra d'une manière différente... Permettez que j'aie un entretien avec lui... Nous ne douterons plus alors de sa réponse.
M. DELOMER.
J'y consens. Tout à l'heure en rentrant, je l'ai aperçu qui venait après moi; j'étais trop troublé pour lui parler; je vous cherchais; j'ai recommandé qu'on le fît attendre... Je vais te l'envoyer, (a Dominique.) Allons, mon cher Dominique, je vais remettre tous mes papiers entre vos mains; ma tête n'est pas à moi ; agissez à votre gré ; je vous confie mes intérêts et mon honneur.
i64 LA BROUETTE DU VINAIGRIER.
DOMINIQUE FILS
Je n'ai que du zèle à vous offrir; mais il est extrême, il est pur, et il ne se démentira dans aucune circonstance de ma vie.
( Dominique suit M. Delomer , et mademoiselle Delomer lui jette un regard
d'approbation en se séparant.)