‹ Œuvres choisies de N. ChamfortChapitre 18 sur 40 · SCENE X 20I · texte numérisé non relu

SCENE X 20I

Kaled.

Peste! un ami, un bienfaiteur! Cela doit bien se vendre, cela doit bien se vendre.

Hassan

Mais, dites-moi donc , comment se fait-il?... par quel bonheur?... Qu'est-ce que je dis? La tête me tourne. Quoi! c'est envers vous-même que je puis m'acquitter? J'ai fait vœu de délivrer tous les ans un esclave chrétien : je venois pour remplir mon vœu, et c'est vous...

DORNAL.

O mon ami! connoissez tout mon malheur.

Hassan.

Du malheur ! il n'y en a plus pour vous. ( Se tournant du côté de Kaled.) Kaled, combien vous dois-je pour l'emmener?

Kaled.

Cinq cents sequins.

Hassan.

Cinq cents sequins... Kaled, je ne marchande point mon ami; tenez.

Dornal.

Quelle générosité !

Hassan, à Kaled.

Je vous dois ma fortune, car vous pouviez me la demander.

Que je suis une grande bête! Bonne leçon.

202 le marchand de smyrne

Hassan.

Laissez-nous seulement, je vous prie : que je jouisse des embrassemens de mon bienfaiteur. Kaled.

Oh! cela est juste, cela est juste. Il est bien à vous. Allons, vous autres, suivez-moi.

André , à Bornai.

Adieu, mon cher maître.

Dornal.

[A André.) Que dis-tu? peux-tu penser?... {A Hassan.) Mon cher ami, ce pauvre malheureux, vous avez vu s'il m'est attaché, s'il est fidèle, s'il a un cœur sensible!

Hassan.

Sans doute, sans doute; il faut le racheter.

Kaled.

Quel homme! comme il prodigue l'or! Si je profitois de cette occasion pour faire délivrer mon baron allemand... Mais il ne voudra pas. Hassan.

Tenez, Kaled.

Kaled, regardant les sequins.

En vérité, voisin, cela ne suffit pas!

Hassan.

Comment ! cent sequins ne suffisent pas ? Un domestique,-.

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