‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 13 sur 462 · BIOGRAPHIE XXV · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE XXV

Car j'avois tout le cœur enflé daiuier les armes ; Je voiilois me braver au nombre des gendarmes; Et de mou naturel je cherchois les débats, Moins désireux de paix qu'amoureux de combats'.

« Mais ce passage prouve seulement que Ronsard portait le bonnet des pasteurs de l'Église; et en effet, quand les ministres genevois l'accusèrent d'être prêtre, il leur répondit :

Or sus, mon frère en Christ, tu dis que je suis prestre ;

J'atteste l'Eternel que je le voudrois estre,

Et avoir tout le chef et le dos empesché :

Dessous la pesanteur d'une bonne evesché :

Lors j'auroy la ccuronne à bon droict sur la te^to,

Qu'un rasoir blauchiroit le soir d'une grand feste,

Ouverte, large, longue, allant jusques au frout,

En forme d'un croissant qui tout se courbe en ronJ. ^

Et comme pour démontrer qu'il n'y a point de contradiction entre ce second passage et le premier, Ronsai'd plus loin ajoute :

Mais quand je suis aux lieux où il faut faire voir D'un cœur devotieux l'office et le devoir, Lors je suis de l'Eglise une colonne ferme : D'un surpelis onde les esjianles je m'arme, D'une haumusse le bras, d'une chappe le dos. Et non comme tu dis faite de croix et d'os : C'est pour un capelau^ ; la mienne est honorée De grandes boucles d'or et de frange don^e : Et sans toy, sacrilège, encore je l'aurois Couverte des présents qui viennent des ludois : Mais ta main de Harpye et tes. griffes trop hâves Nous gardent bien d'avoir les espaules si braves, Riblanti, comme larrons, des bons Saincis immortels Chasses et corporaulx, calices et autels.

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