Arbrisseau. — Cf. Homère
[Iliade.) (Voir aussi Catulle.) l'y. Ja (latin : jam). — Signifie : déjà.
6. .Yoîa-e/e/ (diminutif de nouveau). — C'est-à-dire: récent.
7. Propouse. — Est mis pour j>ropose,. comme arrouse pour arrose.
8. Chnpelet. — Ce substantif, diminutif de cfiapel (petit chapeau) a ici le sens de guirlande. « Je sçay un beau chapelet de fines esmeraudos. » (Habelais, Pantagr., II, 21.) « ... leur commandant que chacun feist un chapelet d'espies de blod. » (Amyot, Eumène, XI.)
Mais de quel vers plein de grâce Vous iray-je décorant?
Chanteray-je vostre race, Ou l'honneur de vostre face D'un teint brun se colorant?
Divin est vostre lignage, Et le brun que vous voyez Rougir en vostre visage En rien ne vous endommage Que trois Grâces ne soyez.
Les Charités* sont brunettes, Bruns les Muses ont les yeux, Toutefois belles et nettes.
Reluisant comme planettes Parmy la troupe des dieux.
Mais que sert d'estre les filles D'un grand roy, si vous tenez Les Muses comme inutiles, Et leurs sciences genliles * Dès le berceau n'apprenez ?
Ne craignez, pour mieux revivre.
D'assembler d'égal compas^ Les aiguilles et le livre,
1. Charités [grec : yâçAxt;). — C'est-à-dire: les Grâces, filles du Ciel et de l'Aurore.
2. Gentiles (latin : gentilis, de bonne race). — C'est-à-dire : nobles, relevées (sens primitif).
3. Compas. — Signifie : rèr/le, mesure. « Au compas du devoir, \\ règle son courage. >> (Régnier. Sat. X.) « Connaissez votre faute, et bornez vos pensées, en un juste compas. » (ilalherbe, VI, 27.)
Et de doublement ensuivre ' Les deux mestiers de Pallas.
Peu de temps la beauté dure, Et le sang qui des roys sort, Si de l'esprit on n'a cure, Autant vaut quelque peinture Qui n'est vive qu'en son mort ^
Ces richesses orgueilleuses, Ces gros diamans luisans, Ces robes voluptueuses, Ces dorures somptueuses.
Périront avec les ans.
Mais le sçavoir de la Muse Plus que la richesse est fort ; Car jamais rouillé ne s'use.
Et maugré les ans refuse De donner place à la mort.
Si tost que serez apprises A la danse des neuf Sœurs, Et que vous aurez comprises *
1. Ensuivre. — Signifie: imiter, pratiquer. Sens transitif très usité au xvi^ siècle, disparu. « J'aime, à les ensuivre, non pas si couardement. » (Montaigne, I, 13.) « Ensuyvans en cela la loy divine. » (H. Estienne, Apol. p. Hérodote, I, 166.) « Tâchant à les ensuivre. » (Tahureau, p. 6.)
2. Mort. — C'est-à-dire : ea son état d'immobilité, d'être inanimé.
3. Comprises. — Auxvi* siècle, \e participe passé, accompagné de l'auxiliaire avoir, est invariable s'il est considéré comme partie intégrante du verbe, que le régime précède ou suive ; il varie, s'il est pris comme un adjectif qualifiant le régime du verbe, comme dans ce vers : « Les discours que l'antiquité nous a laissé sur ce sujet... » (Montaigne, 1, 27.) « Je ne crois pas qu'ils les eussent jamais escrits. » [iLid, I, 39.)
Les doctrines plus exquises* A former vos jeunes mœurs,
Tout aussi lost la déesse Qui trompette les renoms De sa bouclie lîarleresse^ Par tout espandra sans cesse Les louanges de vos noms.
Lors s'un^ roy, pour sa defence, A vos frères repoussez De sa terre avec sa lance, Refroidissant la vaillance De ses peuples courroucez,
Au bruit de la renommée, Espris de vostre sçavoir, Aura son ame enflammée, Et, quittant là son armée, Pour mary vous viendra voir.
Voylà comment en deux sortes Tous roys seront combatus, Soit qu'ils sentent les mains fortes De nos françoises cohortes, Soit qu'ils aiment vos vertus
1. Plus exquises. — On dirait aujourd'hui: les plus exquises. Cf. « Leur exposant les points plus obscurs et difficiles... » (Rabelais, édit. Moland, p. 45.)
2. Parleresse. — Signifie : parleuse, bavarde. Adjectif de la vieille langue, disparu. « Qui ne fut ne legiere ne parleriesse. » {Mysl. de Théod. Richel.) (Voir Godefroy.)
3. Lors s'un. — Élision pour lors se. L'e s'élidait souvent dans l'ancienne langue : « S'evesque il est, seignant les rues. » (Villon, 21, V. 7.) Se est employé pour si qui, dans ce vers, a son sens primitif dérivé du latin : sic, est purement explétif et la locution signifie : alors ainsi...
Là donq, Princesses divines, Race ancienne des dieux, Armez vos tendres poitrines ' Des vertus et de doctrines !
C'est le vray chemin des cieux.
Par tel chemin Polixene ^ D'un beau renom a jouy; Par tel mestier la Romaine^ De chasteté toute pleine Vit encores aujourd'huy,
Laquelle de son espée Sa vie aux ombres jetta, Et, par soy-mesme frappée, Ayant la honte trompée, Un beau renom* s'acheta".
1. Poitrine. — substant. déjà vu, semble Irivial aujourd'hui, signifie : cœur.
2. Polixene. — Fille de Priam et d'Hécube. Aimée d'Achille, elle l'épousait, à l'insu des Grecs, dans le temple d'Apollon; mais pendant la cérémonie, Achille fut tué par la trahison de Paris. Polixene se tua de désespoir. Suivant d'autres auteurs, elle aurait été immolée par Pyrrhus sur le tombeau d'Achille. (Voir Euripide, Hpr.ube.)
3. La Romaine. — C'est Lucrèce, épouse de Tarquin Collatin. On peut lire les beaux vers de Ponsard sur cette héroïne.
4. Renom. — « Cette ode, brillante de poésie et d'images, renferme des louanges fines et d'ingénieux conseils. Le rythme, que Lamartine a ressuscité de nos jours avec tant de bonheur, est de l'invention de Ronsard, et ce poète le manie merveilleusement. La comparaison des trois beaux lys réunit la grâce à la justesse, et les deux strophes : lors s'un roy pour sa defence, etc., offrent un tableau aussi vrai que délicat. » (Sainte-Beuve.)