‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 147 sur 462 · S'acheta. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p · texte numérisé non relu

S'acheta. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p

A LA FONTAINE BELLERIE

Ode Vin

EscoLite un peu, fontaine vive En qui j'ay rebeu si souvent, Couché tout plat dessus la rive, Oisif à la fraischeur du vent,

Quand l'esté mesnager^ moissonne Le sein de Cerès dévestu, Et' l'aire par compas* ressonne Dessous l'épi du blé balu.

Ainsi tousjours puisses-tu eslre En religion à tous ceux Qui te boiront, ou feront paistre Tes verds rivages à leurs bœufs ;

Ainsi tousjours la lune claire Voye à mi-nuict, au fond d'un val,

Les nymphes près de ton repaire A mille bonds mener le bal,

Gomme je désire, fontaine, De plus ne songer boire en toy

1. Vive. — « Ronsard, malade de la fièvre, pense à la fontaine Bellerie, et, comme ce irais souvenir le brûle et l'altère, il souhaitej n'y penser jamais tant qu • la fièvre le tiendra. » (Sainte-Beuve.)

2. Mesnager. — C'est-à-dire : qui s'entend à arranger les choses.^

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