S'acheta. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p
A LA FONTAINE BELLERIE
Ode Vin
EscoLite un peu, fontaine vive En qui j'ay rebeu si souvent, Couché tout plat dessus la rive, Oisif à la fraischeur du vent,
Quand l'esté mesnager^ moissonne Le sein de Cerès dévestu, Et' l'aire par compas* ressonne Dessous l'épi du blé balu.
Ainsi tousjours puisses-tu eslre En religion à tous ceux Qui te boiront, ou feront paistre Tes verds rivages à leurs bœufs ;
Ainsi tousjours la lune claire Voye à mi-nuict, au fond d'un val,
Les nymphes près de ton repaire A mille bonds mener le bal,
Gomme je désire, fontaine, De plus ne songer boire en toy
1. Vive. — « Ronsard, malade de la fièvre, pense à la fontaine Bellerie, et, comme ce irais souvenir le brûle et l'altère, il souhaitej n'y penser jamais tant qu • la fièvre le tiendra. » (Sainte-Beuve.)
2. Mesnager. — C'est-à-dire : qui s'entend à arranger les choses.^