Espoinçonne. — C'est-à-dire : pique
3. Sagettes (latin : sagitta). — Signifie : flèches. (Édit. P. Blanchemain, t. II, p. 270.)
4. Gard. — Il y a ici élision de \'e. Reste delà conjug. archaïque.
5. Gentes arondelles. — Signifie : gentilles hirondelles. L'adjectif gente est de la vieille langue :
" Car bien peu sert la poésie gente. »
(Cl. Marot, M\i. Voizard, p. 5.) De même arondelle qui, au xvi" siècle, s'employait aussi bien que aronde :
u Sur le printemps de ma jeunesse folle Je resserabloys Yarondelle qui vole
Puis çà, puis là. . »
(Cl. Marot, édit. Voizard, p. 218.)
Huppe?, cocus', rossignolets, Tourtres^, et vous oiseaux sauvages, Qui de cent sortes de ramages Animez les bois verdelets.
Dieu vous gard, belles pâquerettes, Belles roses, belles fleurettes, Et vous boutons jadis cognus Du sang d'Ajax et de Narcisse ; Et vous thym, anis et mélisse, Vous soyez les bien revenus.
Dieu vous gard, troupe diaprée De papillons, qui par la prée Les douces herbes suçotez ; Et vous, nouvel essain d'abeilles, Qui les fleurs jaunes et vermeilles De vostre bouche baisotez.
Cent mille fois je resalue Vostre belle et douce venue; 0 que j'aime ceste saison Et ce doux caquet des rivages, Au prix^ des vents et des orages Qui m'enfermoient en la maison*!
1. Cocus. — C'est-à-dire : coucou (mot de l'ancien français).
2. Tourtre. — Terme de l'ancien français, n'est plus usité qu'on •uisine, a été remplacé par tourterelle.
.3. Au prix. — Cest-à-dire : en comparaison des. 4. Maison. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p. 27o.
Ii2 OEUVRES CHOISIES DE RONSARD.
Oïlfi XIX
Bel* aiibespin verdissant,
Fleurissant, Le long de ce beau rivage, Tu es vestu jusqu'au bas
Des longs bras D'une lambrunche ^ sauvage.
Deux camps drillants^ de fourmis
Se sont mis En garnison sous ta souche ; Et dans ton tronc mi-mangé
Arrangé Les avettes ont leur couche.
Le gentil rossignolet,
Nouvelet, Avecques sa bien-aimée, Pour ses amours alléger
Vient loger Tous les ans en ta ramée.
Sur ta cyme il fait son ny,
Bien garny De laine et de fine soye, Où ses petits esclorront,
1. Bel. — C'est Tode xix « chef-d'œuvre de gentillesse et de fraîcheur », dit Sainte-Beuve.
2. Lambrunche (latin : labrusca). — Aujourd'hui écrit : lambruche ou lamhrusque, signifiant : vigne sauvage.
3. Drillants. — Signifie : actifs, empressés du verbe driller (vieux), signifiant : courir, aller vite. — < Il sembloit voir une armée drillante de fourmis... » (Carloix, V, 4.)
Qui seront De mes mains la douce proye.
Or vy, gentil aubespin*,
Vy sans fin, Vy sans que jamais tonnerre, Ou la coignée, ou les vents
Ou les temps.
Te puissent ruer"^ par terre ^.
A REMY BELLEAU Ode XX
Du grand Turc je n'ay souci* Ni du grand soldan^ aussi; L'or ne maistrise ma vie, Aux roys je ne porte envie ; J'ay soucy tant seulement* De parfumer cointement" Ma barbe, et qu'une couronne De fleurs le chef m'environne,
1. Aubespin (latin : alhuspina) . — Est seulement aujourd'hui : aubépine qui existait déjà dans l'ancienne langue. « Contraindre par l'enver Vaubespin de produire des roses. » {Oliv. de Serres, 606.) — « Et estoit sur un buisson que nous appelons aube-espine. » {Froissard, Expinede am.)
2. Ruer (latin : ruere). — Signifie : Jeter (sens transitif, perdu). ^Terre. — Édit. P. Blanchemain, t. Il, p. 276.
4. Souci. — C'est une imitation de deux odes d'Anacréon : l'ode XV et Tode xvu.